Utopie réalisable - Avant-propos

Notes de lecture
mercredi 3 décembre 2003
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Les organisations démesurées sont socialement néfastes… Le recours aux monnaies locales induit une utopie mondialisable gérée à échelle humaine.

notes


Utopies réalisables

PRÉFACE

L’échec de deux utopies généreuses - démocratie et communication globale- entraîne la formation de mafias qui agissent en notre nom et contre nos intérêts et implique l’acte d’accusation et la critique des deux « méchants » que sont : « l’État mafia » et la « Mafia des médias ».
- État mafia : impossibilité du maintien de l’État démocratique classique dès que les dimensions de l’État dépassent certaines limites.
- Mafia des médias : impossibilité de la communication globale ; inadaptation humaine à la communication généralisée.

Acte d’accusation mais aussi d’encouragement à ne donner ni consentement tacite ni aide à ces deux mafias. Ceci n’est pas invitation à la révolution, mais invitation à la résistance.

Durant la Seconde Guerre mondiale un seul soldat ou un seul policier suffisait pour imposer un comportement donné à quelques centaines "d’envahis". Dans certaines régions, ces occupants se sont montrés incapables de s’imposer aux occupés, supérieurs en nombre (en Yougoslavie, par exemple), et le nazisme n’a pas réussi à "tenir le pays".

Mafias modernes, l’État et les médias, ont une attitude moins brutale et plus adroite pour nous convaincre que c’est nous qui voulons ce qu’ils veulent. Cette tactique ne peut plus réussir. La série des crises que nous subissons est en telle qu’il n’est plus guère possible d’être dupe.

La dégradation de l’État et des médias résulte d’impossibilités fondamentales.
- Les "dirigeants" ne peuvent plus garder le contact avec des masses trop grandes. Ils ne peuvent se résigner à devenir les gouvernants de petites organisations. Les gouvernés organisent leur survie en petites communautés que les gouvernements étiquettent comme "mouvements marginaux". Ces tentatives représentent peut-être les solutions du futur…
- Quant aux médias, "critiques dramatiques" des gouvernements, ils ne mentent pas, ils sont aveugles. Ils présentent comme essentiels des événements anodins. L’autocensure des médias découle de leur manière de souscrire au mythe entretenu par les gouvernants.

Ce sont là des faits, les professions de foi des gouvernants -planification bénéfique- et celles des médias -communication et information globales- sont irréalisables : les premières à cause du phénomène "groupe critique" et les secondes à cause du "problème de l’accès".

Aucune réorganisation, aucune idéologie ne peuvent changer cette situation caractéristique des organisations sociales qui dépassent certaines dimensions.

LA SEULE SOLUTION RESTE CELLE DES PETITS GROUPES.

Seules les petites communautés peuvent résoudre leurs problèmes de survie et le rôle des gouvernements et des médias devrait être d’encourager cette attitude.

Chaque individu est expert unique et seul dirigeant qualifié pour ses affaires. Les six milliards d’experts et de dirigeants d’aujourd’hui ne peuvent résoudre que leurs propres crises et leurs propres problèmes, très limités. Les crises touchant les grandes collectivités sont de plus en plus graves.

Les utopies d’autrefois, qui se "réalisent" maintenant, sont déjà dépassées avant même d’aboutir. Nos utopies réalisables seront sans doute déformées et dépassées d’ici quelques décennies, mais sont nécessaires et urgentes en tant que médication. Ceci relève moins de la "futurologie" que de la "présentologie".

Yona Friedman ajoute ce commentaire :

Cette introduction a été écrite en 1974. Aujourd’hui, vingt-cinq ans plus tard, elle n’a rien perdu de son actualité : partout dans le monde nous voyons des sociétés immobilisées, des décideurs qui n’ont pas les moyens de décider, autant de millions de victimes de cette "société" incapable de trancher et de réagir.

Nous sommes les victimes de notre incapacité à connaître les limites de notre mégalomanie ridicule devant les moyens réels (non techniques) dont nous disposons.

 Communication et télécommunication ne sont pas synonymes. En télécommunication la distance ne compte pas, la communication est instantanée. Mais si je mésinterprète un message en communiquant face à face, je le mésinterprèterait tout autant en le recevant par les moyens techniques les plus sophistiqués.

Les moyens techniques ne servent qu’à réduire l’effort nécessaire : ils apportent la facilité. Une grande partie de nos problèmes tient au fait que nous avons voulu créer une "société de la facilité".

Fin des notes


Commentaire

Ces notes confortent le mal-fondé du mondialisme capitaliste dit "libéral". Notre soumission à ce système dominant est culturelle.

La résistance est possible, séance tenante ; elle passe par l’adhésion aux systèmes monétaires locaux, autogénérés, autogérés.

L’écoocivisme, utopie réalisable, propose la mondialisation de la solidarité économique locale.


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