13 grands sujets abordés au F.S.E. 2003

suivi de compte-rendu
lundi 1er décembre 2003
par Collectif TRANSVERSEL
popularité : 4%

Les 13 grands sujets abordés au cours de ce FORUM européen peuvent être rassemblés comme suit :

- 1-Un F.S.E. pour les droits à l’emploi et au revenu. ci dessous...à compléter.

- 2-Un F.S.E. pour la démocratie participative à l’entreprise

- 3-Un F.S.E. pour la liberté des peuples à choisir leur avenir

- 4-Un F.S.E. pour l’égalité réelle et la liberté des femmes

- 5-Un F.S.E. pour un contrat mondial de l’eau

- 6-Un F.S.E. pour une immigration plus humaine

- 7-Un F.S.E. pour une école hors du marché

- 8-Un F.S.E. pour une économie sociale et solidaire

- 9-Un F.S.E. pour une taxation du capital, pour un commerce domestiqué

- 10-Un F.S.E pour une culture de PAIX

- 11-Un F.S.E. pour des services publics de cohésion sociale

- 12-Un F.S.E. pour une agriculture, éradiquant la faim

- 13-Un F.S.E. pour une culture libérée du marché, pour l’émancipation

Voilà en partant de ces 13 points , nous allons pouvoir si cela est possible, dégager les grandes lignes de nos différentes participations aux séminaires qui étaient aux nombre de 270, aux 55 pleinières et aux plusieurs centaines d’ateliers proposés. Une soixantaine de participants des SEL de France et étrangers étaient présents.


1/Pour les droits à l’emploi et au revenu.

Considérer que le temps d’emploi est une clé d’accès aux droits sociaux devient une hérésie alors que l’Europe sociale ne prend pas du tout en compte , actuellement l’augmentation du chômage, la généralisation de la précarité, la dérégulation du marché du travail et la paupérisation croissante d’une grande frange de la population. Au contraire, elle les utilise et les nourrit par ses actions libérales. Alors que la revendication principale reste le droit à un revenu garanti permettant de vivre décemment sans disparité d’age, de sexe et d’origine, allant même à être totalement indépendant de l’emploi. Avec la mise en place d’un revenu d’existence. Ce droit fondamental d’existence est revendiqué, mais face aux poussées « travaillistes », le travail restant une des valeurs premières, un long parcours européen reste à faire pour amener les pays à une table de discussions sociales. Plusieurs séminaires, au cours de ces journées étaient directement sensibilisés sur ce sujet et ont repris la formule : Ensemble, agissons pour une autre Europe et un autre monde soient possibles !


mis en ligne le 26 novembre afin d’y répertorié tous les textes ayant un rapport avec ce sujet (vos textes et aussi les miens...) temps passé 30 minutes.

Cert article est en cours de rédaction ...par Daniel D.


Commentaires

Logo de
samedi 3 janvier 2004 à 17h07, par  "Miguel" Yasuyuki Hirota

C’est "Miguel," ce japonais qui parla des expériences japonaises à St-Denis. Mon adresse correcte est : mig@lime.plala.or.jp (au Japon, comme en Grande-Bretagne, on utilise deux lettres au lieu de trois pour désigner le caractère du serveur) et celle de ma page web à http://www3.plala.or.jp/mig Merci.

Logo de daniel D.
lundi 1er décembre 2003 à 17h18, par  daniel D.

Le système d’Échange en Europe :

recueil de témoignages des différents systèmes européens,
confrontation des pratiques et des projets de développement

Compte rendu de l’atelier du vendredi 14 novembre 2003, de 9h à 12h, tenu au village solidaire avec la présence de 30 personnes.

Rapporteurs : Catherine LENZI, Daniel HERLAUT, Maurice BELORGEY, Patricia GIANNANDREA, Pantaleo RIZZO.

Recueil de témoignages des différents systèmes européens

I – Intervention de Miguel (Yasuyuki HIROTA) sur l’expérimentation multilatérale au Japon
Au Japon, l’expérimentation multilatérale compte environ une centaine de projets en cours. Il s’agit d’une estimation faite sur la base de contacts Internet, puisque entre ces projets il n’y a aucune liaison. Ce chiffre est donc très approximatif. Ces projets ont un caractère très localisé, même s’ils sont distribués sur tout le pays. Dans chaque projet, le nombre de transferts est encore très bas. Dans la ville de Yamato il y a un projet qui utilise un système avec la carte à puce. Les transferts sont souvent effectués pour réactiver un lieu précis, par exemple un centre commercial de proximité. Ce lieu devient alors un moyen de connaissance et de communication pour créer des liens d’amitié et de voisinage, surtout entre personnes âgées. En effet, il est observé que les transferts d’objets concernent surtout la nourriture. Les transferts d’autres objets sont d’une faible importance. Ce qui prime surtout sont les transferts de services. La finalité est celle de créer une nouvelle structure relationnelle, ce que les solidarités traditionnelles ne sont plus toujours en mesure d’assurer.

II – Intervention de Gerd BÜNTZLY sur l’expérimentation multilatérale en Allemagne
En Allemagne, l’expérimentation multilatérale est dénommée TR (Tauschring : Cercle d’Échange) et compte environs une centaine de réseaux. Dès sa naissance en 1994, l’expérimentation TR a connu un très grand succès et compte actuellement un grand nombre d’adhérents. On observe une certaine liaison InterTR. Il y a un journal avec publication périodique adressée à tous les adhérents à l’expérimentation allemande. Chaque TR a ses instruments monétaires et ses instruments pour les rencontres régulières. Parmi les instruments monétaires des différents TR, on distingue deux possibles relations de convertibilité : la convertibilité de l’unité locale avec l’unité horaire (Talent/Heure) et la convertibilité dans certains cas de l’unité de compte de la monnaie TR avec l’unité de compte de la monnaie officielle (Talent/Euro). En Allemagne, il y a des nouvelles formes de sécurité sociale gérées par les gens. Il y a aussi une expérimentation de monnaie « Regiogeld ».

III – Interventions de Juan et Jordi sur l’expérimentation multilatérale en Catalogne, Espagne
En Catalogne, Espagne, l’expérimentation multilatérale est dénommée LETS (Local Exchange and Trading System) et compte trois projets. Il s’agit d’une expérience assez récente. Ces projets sont très localisés et leurs adhérents sont essentiellement jeunes. On privilégie surtout les transferts de services. Il existe même un système d’aide de voisinage pour les retraités et les personnes en difficulté financière. Il n’y a pas beaucoup de contacts avec l’expérimentation SEL française. On a la nécessité d’établir une équivalence entre notre unité de compte avec celle de la monnaie officielle. D’une manière informelle, sur l’initiative des LETS, une communauté villageoise catalane organise une foire festive, qui rassemble une foule importante d’environ 3000 personnes, venant de toute l’Espagne. L’information est transmise de « bouche à oreille ». Il est à préciser que le concept LETS est néo-rural et qu’il n’est pas à rapprocher des expériences activistes vécues par le passé et tirées du mouvement anarchiste.

IV – Intervention de Gérard sur l’expérimentation multilatérale SEL en Wallonie, Belgique
En Wallonie, Belgique, l’expérimentation multilatérale est dénommée SEL (Système d’Échange Local) et compte une dizaine de projets. Ceux-ci sont très locaux et isolés les uns des autres. Ils sont constitués surtout par des personnes âgées intéressé à créer une structure relationnelle entre elles. L’expérimentation est commencée il y a une dizaine d’années et n’a pas d’attache avec le mouvement ouvrier. Dans les premières années 1990 l’intérêt des gens fut très grand, mais aujourd´hui les groupes se sont dilués par manque de continuité et par peur des institutions et de la justice. Les contacts pour les transferts peuvent transiter via Internet. A ce titre, il existe un site dynamique assurant un accès aux comptes de chaque adhérent. Ce site est orienté sur les médecines douces et le développement personnel. Sur ce point, les professions libérales déclarent les gains de leurs activités au fisc et c’est la raison pour laquelle il est établi une convertibilité directe entre l’Euro-vert (l’unité de compte du SEL) et l’Euro européen. L’administration publique n’aime pas que les chômeurs et les personnes sans salaires fixes (par exemple, mère au foyer, SDF) fassent des transferts dans le cadre des SEL. Leur implication dans les SEL doit être maintenue dans des strictes limites, autrement il y a le risque de la suspension des allocations sociales. Pour tenter de sortir de cette opacité, une discussion a été entamée avec des élus locaux. Il existe des LETS en pays flamand avec un InterLETS.

V – Intervention de Pantaleo RIZZO sur l’expérimentation multilatérale SRI
L’expérimentation multilatérale SRI (Système de Réciprocité Indirecte) est née en 1996 à Martano, une petite ville du sud-est d’Italie. Cette expérimentation est née dans la même période que des institutions publiques italiennes (le Parti Démocratique de Gauche, les Syndicats, les Régions, les Autorités locales) appuyaient financièrement l’expérimentation BdT. L’expérimentation SRI n’a jamais voulu accepter les financements, ni publics, ni privés. Elle a adopté comme toutes les autres expérimentations multilatérales une unité de mesure horaire (Heure-de-vie). Toutefois, elle se distingue des expérimentations LETS, SEL et TR parce qu’au lieu d’utiliser une unité locale qui mesure la valeur d’usage de l’objet transféré, elle adopte une unité de mesure particulière qui permet d’exprimer une valeur émotionnelle (Misthòs). Cette valeur émotionnelle ne concerne pas l’usage du service ou de l’objet transféré, mais l’émotion que le donateur a suscitée dans le receveur par son acte de transfert. Le SRI se distingue de l’expérimentation BdT (Banca del Tempo) parce que celle-ci n’adopte que l’unité de mesure horaire. L’expérimentation SRI a été incorporée dans un cadre associatif, sous le nom de SRI-ASSEM afin d’envoyer une demande d’opinion au Ministère des Finances Italien. En 1997, le SRI-ASSEM a obtenu la clarification de sa situation fiscale : aucune taxe devait être payée, ni de la part des adhérents, ni de la part de l’expérimentation multilatérale. Jusqu’en fin 1998, Cette expérimentation assurait la tenue comptable de tous les transferts qu’une centaine d’adhérents effectuaient dans quatre groupes territoriaux. Depuis 1999, le SRI s’est libéré du cadre associatif de l’ASSEM. Cela a comporté une forte réduction du nombre d’adhérents. Aujourd’hui, les adhérents au SRI sont une vingtaine, dont seulement habitent l’Italie. Les autres adhérents habitent la France ou l’Allemagne.

VI – Intervention de Edith ALQUIER sur l’expérimentation multilatérale au Québec, Canada
Au Québec, Canada, l’expérimentation multilatérale la plus connue est dénommée JEU (Jardin d’Échange Universel). Dans cette grande région québécoise, il y a des gros problèmes pour les rencontres. C’est pour cela que le JEU a été vu comme plus convenable des autres, car la particularité de cette expérimentation est l’absence d’un système comptable qui met en relation les comptes multilatéraux. Au Québec, on relève 75 actifs sur les 250 adhérents, au total. Ils se rencontrent au moins chaque mois, à l’occasion des grandes foires. Un SEL voit le jour au Québec depuis mars 2003. Ce dernier s’inspire uniquement de l’exemple français, il n’entretient aucune relation avec les LETS canadiens. La proximité avec la France s’explique alors du fait de la langue. Il existe aussi un SEL au faubourg Saint-Jean à Montréal qui organise mensuellement une bourse d’échange communautaire. Il s’agit surtout de transférer des services et de partager un repas ensemble. L’expérimentation SEL du Québec s’oriente dans une démarche d’aide en faveur des populations les plus démunies. Ces expérimentations sont pour l’instant tolérées par l’État. Les entreprises qui y adhérent payent leurs taxes en monnaie officielle. Aujourd’hui, il y a 3 ou 4 réseaux qui sont en création dans des centres sociaux. On relève également un réseau constitué uniquement de femmes.
VII – Intervention de Daniel DELARASSE sur les expérimentations multilatérales en France
En France, l’expérimentation multilatérale SEL (Système d’Échange Local) est née en 1994 et a tracé une rapide croissance jusqu’à 1998. Les dernières années ont été de lente croissance et même de stagnation, mais aujourd’hui on assiste à un redémarrage très encourageant. Les SEL français ont la particularité d’être reliés au moyen d’une coordination, d’un Intersel, dénommée Sel’idaire. Le choix d’adhérer ou non à Sel’idaire est laissée à l’ensemble des SEL. Sur les 350 SEL actuellement recensés en France, seulement 87 SEL payent une cotisation à Sel’idaire. Le nombre moyen d’adhérent par SEL est une centaine. Autant Sel’idaire qu’une partie des SEL ont choisi de se constituer en une association ayant la forme juridique la moins rigide (Loi 1° juillet 1901 et Décret du 16 août 1901. Sel’idaire est une structure associative qui se présente comme un outil au service des SEL et ne se réclame nullement du titre de fédération. Aussi, cet outil offre différents ateliers. Parmi lesquels, on note la « Route des SEL », la « Route des Stages » et le « JEU ». L’association est organisée en assemblées plénières avec une volonté démocratique affichée. Il n’existe ni ordre, ni hiérarchie. On ne parlera pas de président mais de « porte-parole ». Il appartient à chaque atelier de définir son statut (association loi 1901, association de fait…). Sel’idaire élabore une charte éthique, morale, et acquiert de fait un droit d’avertissement. Tous les SEL membres de Sel’idaire reçoivent toute l’info InterSEL. Les SEL ont pour vocation de développer des manières de fonctionner autrement. On observe différentes pratiques dans l’établissement de la valeur à enregistrer dans la comptabilité : unité de compte horaire, unité de compte équivalant à l’unité de compte de la monnaie nationale,… De même, l’enregistrement des valeurs peut aller d’une comptabilité très centralisée à une absence totale de réglementation.
Si maintenant on considère le JEU, on voit qu’il est comme un SEL sans frontières. Il a été créé par Daniel FARGEAS. Chaque partenaire du JEU est doté d’un carnet qui reprend le modèle de la feuille d’échange InterSEL. Comme dans les SEL une heure équivaut à 60 unités. Pour obtenir la liste des partenaires du JEU on peut s’adresser à Daniel FARGEAS ou bien aller sur le site internet. Le JEU est donc une expérimentation proche du SEL, mais avec la différence qu’il ne présente pas de comptabilité centralisée et que les soldes ne peuvent pas être négatifs. Chaque « partenaire » doit donc être honnête et responsable de son comportement. Les carnets du JEU peuvent être utilisés dans la « Route des Sel », etc.
Enfin, une « Route de la Terre » a été créée pour l’hébergement dans le monde entier. Tout est gratuit. Il n’y a pas de cotisation. Par contre, il faut payer les photocopies pour l’édition papier.

VIII – Intervention de Jeanne RECH sur la Route du SEL
La « Route du SEL » est un atelier de Sel’idaire. Le siège social est dans l’Hérault. Il existe en France depuis 1998 et son but est de sortir des frontières nationales. Il s’agit déjà d’un système d’hébergement réciproque entre les adhérents aux expérimentations multilatérales (SEL, LETS, TR, BdT, SRI,…), moyennant des frais d’adhésion. La structure répertorie les offres et les demandes d’hébergement et les met au jour régulièrement sur un catalogue. Aujourd’hui, le catalogue compte 650 adhérents, dont 650 demandeurs et 500 offrants d’hébergement. Il n’y a pas de comptabilité centralisée, mais il existe une « feuille de route » récapitulant la valeur des nuitées offerts et reçues. On peut donc utiliser le carnet du JEU pour enregistrer la valeur de l’hébergement. Pour plus d’informations, voire http://route.des.sel.free.fr ou écrire à laroutedessel@vanadoo.fr.

Propositions pour la confrontation des pratiques et des projets de développement dans le futur

A l’issue de ce tour de table, Gerd BÜNTZLY a proposé une campagne en direction du public et des institutions pour la dignité des chômeurs et pour le droit à s’entraider mutuellement. André MIARD a proposé d’établir une liste de conversation email entre les différentes expérimentations multilatérales. Pantaleo RIZZO a souligné qu’une fois que la liste de conversation email sort du cadre francophone et englobe des adhérents ayant comme langue maternelle l’allemand, l’italien, l’espagnol, l’anglais, etc., il faut reprendre le débat sur l’Espéranto comme langue commune de conversation, déjà ouvert en occasion de l’InterSEL 2000.

Cette liste existe dorénavant sur : selidaire-international@yahoogroupes.fr

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jeudi 27 novembre 2003 à 20h01, par  Collectif TRANSVERSEL

Compte rendu de l’atelier du FSE du jeudi 13 novembre à Saint-Denis

les systèmes monétaires sociaux ou complémentaires

Intervenants : Stephen (Canada), Yasuyuki Hirota, dit Miguel (Japon), Heloisa Primavera (Argentine), Alexandre ( le « Règio » en Allemagne)

Rapporteurs : Daniel Herlaut (SEL de Paname), Joël Seguin (SEL 93 Banlieue Nord) Maurice Belorgey (SEL de Paris)

Intervention de Stephen (Canada) :

Stephen a fait le tour du monde des systèmes locaux et nous fait part de son expérience.
- Au Canada
Au Canada la situation économique était caractérisée par une inflation qui a entraîné une dévaluation et creusé les inégalités entre riches et pauvres.
Le 2ème Lets après celui inventé à Vancouver compte 150 adhérents, mais les services rendus y sont minimes à cause d’une inflation en unités du LETS créée par une erreur de gestion : certaines personnes étaient très riches et d ‘autres très pauvres ; les entreprises ne voulaient pas entrer dans ce système car la monnaie n’avait pas de valeur.

- En Amérique latine
D’autres pays ont vu que ce système pouvait leur convenir.
En 1998 à Mexico, il y eut un projet de monnaie communautaire.
En Argentine, à Buenos Aires, on a vu un marché de 2000 personnes constituer un réseau global de troc.
En Asie, en Thaïlande, il y a eu l’introduction d’un Lets (toujours opérationnel) dans une communauté. Le gouvernement a essayé de l’arrêter, mais l’a renforcé au contraire et cela marche bien. Pendant la crise ils ont beaucoup souffert, ils ont compris qu’il faut que tout le monde puisse créer une monnaie en cas de crise et ils ont fait un jeu de simulation. Ce système a eu le soutien d’un monastère bouddhiste, on peut voir ce jeu sur le site : www.appropriate-economics.org.

- En Papouasie (Nouvelle Guinée)
En Papouasie Nouvelle-Guinée la monnaie traditionnelle est constituée de très grands colliers de petits coquillages, on peut casser le collier pour le raccourcir et en diminuer la valeur ou au contraire en rattacher plusieurs, la valeur dépend de la longueur du collier et du nombre de coquillages. On mesure en brasses (distance du nombril au bout du bras).
Ce sont les femmes qui les fabriquent, cette monnaie est convertible en dollars
Le gouvernement s’aperçoit que un million de dollars circulent pour 80 000 personnes, il voit que c’est beaucoup et qu’elle a plus de valeur que la monnaie nationale (en papier).
Au décès d’une personne l’argent du défunt est remis à la communauté. Ce système permet d’épargner et il y a besoin de peu pour les échanges locaux. Sur la monnaie nationale papier, la monnaie traditionnelle est imprimée. Avec la monnaie traditionnelle on peut acheter des terrains, des voitures. Les économistes ne croient pas plus en cette monnaie qu’en celle des SEL.
Les femmes créent de la monnaie pour les mariages (dot) et pour les enterrements.
Il existe une société secrète qui redistribue la monnaie.
L’église chrétienne s’oppose à ce système comme étant une pratique primitive. Mais des gens qui échappent à la Banque Mondiale sont-ils aussi primitifs qu’on l’imagine ?
Le pays paraît pauvre car la comptabilité nationale ne compte pas cette monnaie, mais les gens sont très riches. Les indigènes sont aussi riches que les blancs, qui y habitent, ce qui est très différent du reste du tiers-monde.
La société est matriarcale, ce sont les femmes qui donnent l’argent aux hommes. Pour l’argent les hommes dépendent des femmes. Le pouvoir des hommes est le mystère.
Au village on n’a pas besoin de l’argent national contrairement à la ville.
Cette monnaie a plus de valeur que la monnaie nationale parce qu’elle a un lien avec le mode de vie de la population.
Cet argent a pu permettre la construction d’une église.
Il y aurait la guerre entre les familles, si les gens fabriquaient de l’argent en dehors du système.
La population voudrait lancer une banque pour cette monnaie, qui est acceptée par les autorités. Le gouvernement étudie s’il est possible de payer les taxes avec cette monnaie de coquillages.

Intervention de Yasuyuki Hirota alias Miguel
La situation au Japon est relatée par Yasuyuki Hirota, dit Miguel, qui a pour adresse internet : mig@lime.plala.org.jp/mig/ ;
Le mouvement précurseur a eu lieu en 1973
Ce système émet une monnaie communautaire pour des bénévoles sans réciprocité dans l’ouest du Japon appelée « chiki suka ». Cette monnaie est émise par les mairies pour du travail bénévole.
Il existe 300 groupes (banques) pour le soin aux personnes âgées et d’autres pour les femmes au foyer
A l’origine on trouve Fuerai Kipu et la Fondation Savovayaku.
Cette monnaie concerne le travail domestique. C’est une monnaie d’amitié, d’amour.
En 1999 une émission de télévision présentant Michael Eude sur les heures d’Ithaca a eu un grand impact au Japon, ce qui a permis la création d’une dizaine de mouvements.
Au Japon le pionner a été Toshiharu Kato qui propose une « èconomonnaie » s’inspirant des LETS anglais.
Le but est de réduire le coût des services sociaux. Elle est émise par les mairies. Chaque système est singulier et le but est orienté. Peu d’échanges de biens sont réalisés. Il existe peu de communications entre les systèmes.
Il existe plusieurs méthodes de transaction.

Le système Peanut » de Tokyo en 1999.
Car la cacahuète est une production locale.
L’expérience de Chiba
Kazuhita Murayama visite les LETS en Grande Bretagne. Il considère que les LETS sont destinés aux pauvres. Au japon les classes moyennes sont majoritaires.
Près de la gare de Chiba existe la rue du centre commercial Yurinoki. La monnaie sociale augmente les ventes des commerces et améliore les rapports humains.
Elle utilise un cahier, plutôt que le chèque. La fiche utilise le format d’une carte postale. L’association met à jour les transactions.

Le Dan
A Sèkizen existe une population âgée. A cette attention le « Hèron Kubota Time Dollar » a été créé. L’unité est le « dan dan », qui veut dire merci en dialecte. Chacun reçoit 20 dans dans pour 30 minutes de service. Le système a amélioré la communication.

Yufu (Yufuin, Oita)
L’économie de cette île est basée sur les touristes et les bases militaires. Des bons d’échange ont été créés pour préserver une autarcie partielle.

Le charbon (Omuta, Fukuoka)
L’économie d’Omuta reposait sur le charbon. La fermeture des mines de charbon a entraîné une crise économique. Les travailleurs sociaux ont créé des bons nommés charbon.

Le Fuku (Nahastu Oite)
Ce sont des bons émis pour favoriser les commerces de proximité et le commerce local.

Le Yuro (Beppu)
A Beppu existe une station thermale qui accueille des personnes âgées et riches. Dans ce but a été créé un billet, le Yuro, qui correspond à 100 yens, qui permet de prendre des bains.

Le Hannako (Kervanale Kagshime)
C’est une aide mutuelle qui a été créée dans un hôpital psychiatrique à la cafétéria pour aider des malades mentaux.
La difficulté est qu’il n’y a pas beaucoup de biens à offrir. Cette aide consiste à offrir des services.

Au japon il y a très peu de contacts entre les systèmes d’échanges locaux et les adhérents hésitent à se contacter.

Intervention d’Hèloisa Primavera (Argentine)
La situation en argentine et relatée par Hèloisa Primavera, qui a comme adresse internet :heloisa@alliance21.org.
Héloisa se prononce pour la privatisation de l’argent. Car ainsi on ne dépend pas du peso ;
En 1995 23 voisins créent un réseau de troc.
En 1997 30 000 personnes y participent.

En 1999 le réseau rassemble 100 000 personnes en Argentine, avec aussi d’autres réseaux au Brésil, en Uruguay, au Brésil , en Colombie, en Equateur, au Chili.
En 2001 le réseau touche 6 millions de personnes au moment de la crise de confiance dans le système international. Les classes moyennes ont décru à cause du « plan d’ajustement structurel ». L’année 2001 fut l’année du miracle argentin, car la presse diffusait bien le réseau à la classe moyenne. Pour les pauvres, c’est nécessaire mais plus difficile, car les pauvres ont besoin des services de l’Etat.
Soit on construit la confiance et on s’oblige à rester petit, soit on s’agrandit vite mais sans confiance.
Il existait à côté du Dollar et du peso des bons des provinces, mais maintenant c’est fini à cause du FMI. Il existait des ponts entre les systèmes mais les valeurs n’étaient pas les mêmes.
Puis le système éclate en même temps que la crise institutionnelle.
Ce sont les créateurs qui ont fait trop de billets et pas le gouvernement.
Il faut une quantité de monnaie selon le ratio production/ consommation et pas davantage. C’est une responsabilité citoyenne. Il ne faut pas dire : on ne peut rien faire.
Le système est en crise. Il reste 100.000 personnes dans les clubs de troc.
A côté des clubs de troc existe un modèle d’entrepreneurs. Des billets de troc ont été émis de 20 à 50 unités par personne. Les créateurs du système ont vendu des billets en monnaie nationale. Il doit exister une règle de ne jamais vendre de billets au-delà des besoins.
Le capitalisme marche bien sauf en état de crise, mais il cache l’argent volé aux pauvres (paiement de la dette, Fonds de pension, paradis Fiscaux).
Heureusement existent la micro finance qui organise une autre façon de produire, ainsi que les gouvernements locaux participatifs existant depuis 30 ans, à l’exemple de celui de Porto Alegre (il y en a plus d’une centaine de nos jours).
L’Europe va « s’argentiniser » surtout après son élargissement et après le développement de la Chine.
Il faut d’abord savoir quelle société on veut. Le système doit viser le développement humain, ainsi que le fait la micro finance. Il faut créer une monnaie sociale, ce qui suppose l’autonomie de la société civile.

Intervention d’Alexandre (Allemagne)
Le « Règio »
Il s’agit de profiter des avantages de l’économie de marché sans les problèmes du capital.
En Bavière se crée une monnaie complémentaire « le Règio ».
Le professeur Waldorf crée avec 6 élèves de 16 ans des billets qui permettent d’acheter dans les magasins. Le règio vaut un euro.
Sur cette monnaie est appliquée une taxe à la revente en Euros de 5 %, dont 2 % pour payer le système et 3 % pour des projets régionaux. Cette part va à l’école.
Ainsi le Régio tourne plus vite que l’Euro. Cette expérience s’apparente à une autre monnaie complémentaire, le « brochet », qui est valable un an avec 4 cases (une par trimestre) pour y coller un timbre permettant de maintenir la valeur du bon (c’est le principe de la monnaie timbrée). On a donc intérêt à la faire circuler cette monnaie et pas à la garder. Mais il faut noter que là-bas contrairement en France les commerçants sont favorables à ce système.

Cette expérience regroupe 80 commerçants, des petits commerces, des entreprises de services et 150 familles.
Les commerçants acceptent ce système qui est un système de fidélité des consommateurs, une sorte de carte de fidélité pour clientèle captive. Alors que le système capitaliste vient ôter l’argent de la région et le concentre vers la spéculation, ce système tourne dans la région de Bavière seulement pour promouvoir l’économie régionale.

Alexandre rappelle l’expérience de Wörgl en 1932 et l’idée de Rudolph Steiner (anthroposophe) selon laquelle l’argent a 3 fonctions : l’échange, le don gratuit, le crédit sans intérêts.

.Questions et observations de l’auditoire
Un auditeur fait remarquer qu’en France les autorités ne laisseraient pas un tel système exister.
Un expert-compable répond que le commerçant paye sa TVA et qu’il n’y a pas de problème au début.
Il arrivera des difficultés, car il s’agit d’un outil de contestation du système.
L’économie de troc est très importante entre entreprises.

D’autres expériences de monnaies complémentaires
La question se pose de savoir ce qui se passe quand le système se développe.
Une banque a émis des bons avec l’association « Wahren ». Il n’y a pas eu de réaction politique. Ces bons ont permis d’aider des exclus.
Il faut noter que le troc existe dans les entreprises, c’est le « barter ».
Ces bons favorisent le marché local. C’était le but des « Heures » d’Ithaca aux Etats-Unis. Le but est de réintégrer le travail local.
Puisqu’il y a une pénurie d’argent pour solvabiliser la demande, le système entraîne une augmentation de la masse monétaire. Le but est de faire circuler la monnaie locale plus vite que les euros.
Le prêt en monnaie locale permet de financer des projets.
Au Brésil des petits prêts d’un montant de 20.000 euros a permis de construire une école qui aurait dû coûter 40.000 euros.
Une banque de micro finance a prêté de l’argent officiel, une autre partie a été payée en argent local.
Ce genre de projet exige des institutions de la communauté fortes.
C’est ainsi qu’a été construite la Maison de la Citoyenneté Mondiale.

Questions diverses et références
Il faut déconstruire les schémas du marché.
Alain, volontaire de l’association Pax, mentionne l’existence d’un réseau de troc à Rio de Janèiro au Brésil au profit d’une communauté pauvre.
Une conférence européenne sur les monnaies complémentaires devrait avoir lieu en juillet 2004 à Bonn en Allemagne.
Bibliographie : l’Avenir de la Démocratie et de l’Argent (Margrit Kennedy et Bernard Lietard).
Et aussi « les Aventuriers de l’Abondance » de Derruder chez Albin Michel.
Il nous faut une Charte de valeurs communes, une banque de données, des solutions communes à nos problèmes, échanger les expériences et pour cela une liste de discussion.
Pour écrire au sujet des monnaies complémentaires ou sociales une adresse :
money@socioeco.org
2 sites à consulter :
http//money-socioeco.org
et www. monneta.org

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