Le temps choisi pour travailler plus et gagner plus !

le dossier exceptionnel
lundi 13 décembre 2004
par Collectif TRANSVERSEL
popularité : 3%

Le magicien et Père Noël Raffarin nous promet pour 2005 : le temps choisi !

Le temps choisi pour travailler plus et gagner plus !

Pas le temps choisi des débats d’hier pour travailler moins, mieux et tous. Ringard !

Pas le temps choisi liberé du travail pour se créer soi même en créant du lien social, de la reconnaissance et de la connaissance dans son environnement local ! Non ce temps choisi là n’est plus à la mode !

Avec le temps choisi de Raffarin, c’est mon voisin qui va être content ! GIF - 7.7 ko En travaillant plus, il va pouvoir emprunter pour acheter l’appartement de son voisin chômeur chassé de la ville par la flambée spéculative des prix du bâti et donc des loyers ! Comme chacun le constate, le revenu du capital étant depuis vingt ans (et particulièrement ces deux dernières années) bien supérieur aux revenus du travail, alors vive le temps choisi de Raffarin pour accéder en travaillant plus aux revenus du capital !

Cessons d’envoyer nos enfants à l’université pour apprendre que la productivité du travail supérieure à la croissance depuis 1975, c’est forcément en l’absence de partage : du chômage en plus !

Supprimons les études d’organismes officiels (comme par exemple le CERC, centre d’etude et de recherche sur les couts) qui démontrent que en deçà de 3 % : "la croissance ne mord pas sur le chômage", qu’au-delà des chiffres officiels 7 millions de personnes en France cherchent un emploi, et que 25 % des salariés sont "surqualifiés" par rapport au poste qu’ils exercent. Suivant les organismes d’étude les couts surtout indirects du chomage sont estimés entre 8 à 13 % du PIB ! Cela doit bien etre utile à quelque chose si on ne les réduit pas !

Supprimons les associations de chômeurs qui dénoncent un contrat social hypocrite qui "survalorise" le travail au moment où il régresse quantitativement (de 39 à 32 milliards d’heures travaillées en moins de 20 ans)

Cessons nos discours sur le développement durable si les 3 % de croissance (productionX 19 en un siecle !) dont nous rêvons à en croire les médias, sont insoutenable pour la planète et nos engagements internationaux.

Cessons les débats citoyens qui, constatant que nous payons de plus en plus cher un mal être croissant, disent que entre "ceux qui pétent les plombs à trop travailler" (responsables du record francais de consommation en anxiolytiques !) et "ceux qui pétent les plombs à ne pas du tout travailler et qui se demandent pourquoi se lever le matin" (puisque seul le travail salarié est reconnu utile !), il manque des poussières d’explosif pour faire péter la société.

Avec le temps choisi de Raffarin on est à l’inverse de l’expérimentation de l’université citoyenne du temps choisi réussie en 1992-1994 en Rhône Alpes.

Alternative aux 35 heures, nous avions expérimenté le "sevrage" des drogués du trop travailler en leur proposant de créer à mi temps leur projet de temps choisi au sein de la vie associative, laissant ainsi la place à un chômeur à mi-temps. Un succès ! salué par le Monde diplomatique puis transféré en Italie.. Soit une alternative souple et dynamique complémentaire aux 35 heures, d’activation de dépenses passives sans impôt en plus, que la gauche dogmatique de Martine Aubry n’a pas voulu voir.

Et avec le revenu du temps choisi ainsi créé, pour produire de la société plus que de l’économique, le monde associatif serait sorti de l’impasse dans lequel il s’est fourvoyé. Il ne serait pas devenu le "soustraitant précarisé de l’Etat providence" qui se retire pour parer aux urgences sans priorité, éteindre des incendies.

Le magicien Raffarin, en accélérant la régression de la pensée sur les thèmes aussi importants que le contrat social, le travail et la reconnaissance, les temps sociaux et de la vie, qui étaient au centre du débat sur le temps choisi, nous prépare aux catastrophes. Catastrophes programmées de la croissance des inégalités légitimées au nom d’une guerre économique sans frontieres, où le dernier vainqueur est toujours celui qui meurt le dernier ?

Avons-nous eu tort de rêver à une mutation de société provoquée par un temps choisi qui modifie progressivement nos valeurs et notre manière de vivre ensemble ?

Avons nous eu tord de croire que en dernier recours la vraie richesse (rareté)est le temps qu’il nous reste à vivre avant de mourir ? GIF - 7.7 ko Et que donc décider de faire de la libération du travail contraint : un temps collectivement choisi, comme nos grands parents en revaient, pouvait etre un choix de Société ? Pour sortir de l’économisme.

Révolutionnaire Raffarin qui veut le changement par les catastrophes ?

Magicien ou usurpateur pour avoir inversé le contenu donné au mot temps choisi ?

A suivre… avec le débat de choix de société que nous propose la Constitution européenne ?


François Plassard,

chômeur,

ancien initiateur de l’université citoyenne du temps choisi,

auteur du livre "le Temps choisi, un nouvel art de vivre pour partager le travail autrement" .

Préfacé par Albert Jacquard.

Edt Charles Mayer, 20 rue Saint Sabin Paris 11eme.


Commentaires

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lundi 27 février 2012 à 05h24, par  JJqYYEGLMosMkAe

C’est enecetivemfft une tr s bonne suggestion ! Je trouvais aussi que a faisait un peu long comme titre de comment, et c’est vri que c tr s pratique d’avoir le titre de l’article. Il faudrait que je vois si il y a moyen de faire a avec wordpress.

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mercredi 9 janvier 2008 à 16h14, par  webduweb

Balladur-Chirac-Raffarin-Sarkozy c’est dans le même panier de crabes !
Les 35 heures, c’était pour mieux partager le travail et ainsi travailler moins sans gagner moins... mais le taux de chômage n’a pas baissé parce que les grands patrons ont résisté. Ils préfèrent mettre la pression sur les travailleurs salariés pour avoir le maximun de gains et les exploiter jusqu’à en faire des esclaves avec la peur du chômage.
Le slogan « travailler plus pour gagner plus » visait à faire admettre le nouveau code du travail qui abroge la durée hebdomadaire légale du travail, car en Europe, on en voit qui font 45 heures par semaine. Sarkozy a dit hier qu’il souhaitait abroger la loi des 35 heures. C’est la primauté de la loi européenne qui s’impose, encore ici. On n’est plus en démocratie. D’ailleurs, notre droit au vote pour ratifier le nouveau traité nous est refusé (un non ferait rugir de rage Sarkozy qui se sentirait en faiblesse). Mais je pense qu’en Angleterre ou aux USA il n’y a pas beaucoup plus de démocratie. J’avais plus confiance en F. Bayrou pour maintenir un semblant de démocratie, mais maintenant...

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mardi 5 septembre 2006 à 09h23, par  le butineur

Vu sur le site
http://www.actuchomage.org

Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage

Au lieu de réduire la durée du travail, comme dans les années 1970, les gains de productivité du travail ont conduit à un chômage très important, parfois caché en mettant plus de la moitié des chômeurs en invalidité (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Danemark).

Les gains de productivité permettraient de réduire à quelques heures par semaine le travail nécessaire pour bien vivre, à condition de changer de modèle de société et de supprimer toutes les productions inutiles (par ailleurs nuisibles à l’avenir de la planète, donc au notre et à celui de nos enfants).

Voir cet article :
Gains de productivité du travail - 1997-2003

http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l’ensemble de l’activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d’emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d’emplois entre secteurs d’activité, le nombre d’emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

D’autres articles intéressants sur le site

http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm

comme "Des mythes autour de l’emploi",
"Chômage officiel et chômage réel en 2005",
"Le modèle libéral britannique : emploi et chômage" ....

Bonnes lectures, cela aide à réfléchir.

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mercredi 28 juin 2006 à 14h30, par  le butineur

Vu sur le site
http://www.actuchomage.org

Des mythes autour de l’emploi

En dehors d’un contexte bien particulier, la "croissance" ne crée pas d’emplois.
Seule une réduction ample, immédiate, impérative du temps de travail, associée à une extension du secteur public (qui ne se limite pas aux fonctionnaires) et du secteur coopératif, permet de résorber les 5 800 000 chômeurs réels (en équivalent temps plein).

Depuis plus de quarante ans le chômage n’a cessé d’augmenter, excepté pour de rares périodes. En 1964 la France comptait 251 400 chômeurs, au sens du Bureau International du Travail (BIT) et en moyenne annuelle, pour 19 709 600 personnes actives occupées (ayant un emploi).

En 1992, pour une croissance de la valeur ajoutée de 1,17 %, l’emploi a diminué de 136 100 (-179 700 en emplois réels, du fait d’une forte progression de l’emploi à temps partiel) alors qu’en 1991, pour une croissance voisine (1,10 %), l’emploi a augmenté de 45 500 (+67 100 emplois réels).

En 1994, pour une croissance forte de 2,75 %, l’emploi a diminué de 8 900 (-95 600 emplois réels) car la productivité a augmenté davantage (2,79 %) pour une durée annuelle identique du travail. En 1995, avec une croissance plus faible (2,10 %) de la production, l’emploi a augmenté de 268 000 (+201 600 en réel, forte augmentation du temps partiel) car la productivité a très peu augmenté (0,88 %) pour la même durée du travail.

Au début des années 70, la croissance était sensiblement supérieure à celle d’aujourd’hui. De 1970 à 1974, en quatre ans, la valeur ajoutée a progressé de 18,83 % et la productivité de 19,15 %, valeur légèrement supérieure. Si l’emploi a cependant progressé de 742 000, soit 3,60 %, c’est que la durée annuelle du travail a diminué de 3,73 % (de 1821 à 1753 heures). Le chômage a malgré tout augmenté car la population active progressait plus vite que la création d’emplois.

Ce n’est donc pas une forte "croissance" qui crée de l’emploi mais une différence positive importante entre la croissance de la production et celle de la productivité, comme pour les années 1988-89 (1,5 %) et dans une moindre mesure 1987 et 1990, ou une forte diminution de la durée du travail, comme entre 1970 et 1974.

Pour une durée constante du travail, seule une évolution de la valeur ajoutée supérieure à celle de la productivité entraîne une création nette d’emplois (nombre d’emplois créés, à durée du travail identique, supérieur à celui des emplois détruits). Plus généralement, l’évolution de la valeur ajoutée est égale au produit des évolutions de la productivité, de la durée du travail et de la population active occupée. Autrement dit, l’emploi (population occupée) augmente uniquement si la production (valeur ajoutée) augmente plus vite que le produit de la productivité par la durée du travail.

En 1994, malgré une croissance importante de la production (2,75 %), 8 900 emplois ont été perdus. La perte d’emplois réels est de 95 600 du fait de l’augmentation de 219 200 des emplois à temps partiel.
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Un autre mythe aussi se développe selon lequel, à partir de l’an 2006, la population active diminuerait, résolvant ainsi le problème du chômage. Effectivement, selon les projections de l’Insee et dans l’hypothèse moyenne, la population active atteindrait un sommet en 2006 (ou 2010 - 2012 selon des estimations plus récentes). Ensuite, la population active diminuerait d’abord très lentement (251 200 en moins après dix ans), puis lentement pour ne retrouver qu’en 2032 le niveau de 1996 et en 2040 celui de 1994. C’est une imposture de présenter ce facteur bien modeste comme une solution naturelle au chômage ... très partiellement et dans quarante ans.
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Enfin, ce ne sont pas les salariés payés au voisinage du smic qui coûtent trop cher aux entreprises. Le décile (10 %) des salariés les moins payés représente 4,9% de la masse salariale, alors que le décile des salariés les mieux payés représente 22,7 % de cette même masse, soit 4,63 fois plus. D’un autre point de vue, le salaire minimum du centile (1 / 100) le plus élevé des salaires, est 7,60 fois supérieur au salaire maximum parmi les 10 % de salaires les plus faibles. ... Comme on le constate, les "personnels non qualifiés" ne sont pas la cause principale des "trop lourdes charges salariales" des entreprises.

Pour plus d’informations, voir à cette adresse :

http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/mythes.htm
.

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dimanche 2 janvier 2005 à 21h35, par  Monnaie Franche

Dommage Mr J.M. Harribey que je n’ai eu connaissance de votre e-mail en temps et en heure car je vous aurai ajouté à la liste de ceux qui ont pu participer à un débat entre Mrs J.Finckh (franchiste) et AJ Holbecq (distributiste-écosociétaliste). Cela en valait la peine !
J’ai néanmoins les différents mails échangés que je peux vous faire suivre : cela représente quelques dizaines de pages écrans...Si cela vous intéresse, faites le moi savoir. Vous pouvez aussi contacter Daniel Delarasse.
J’adhère à vos observations.

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dimanche 2 janvier 2005 à 21h26, par  Monnaie franche

C’est revivifiant de (re)lire des prises de position sincères et honnètes par rapport aux "images d’épinal cool" sur le prétendu libre choix des salariés.
Il faut dénoncer le discours des pseudos humanistes du capitalisme.

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jeudi 23 décembre 2004 à 08h56, par  J.M. Harribey

D’autre part, que signifierait le lien social recréé à l’intérieur d’un SEL si ses membres continuaient d’être exclus du reste de la vie sociale ? On ne peut tenir pour équitable une coupure entre ceux qui s’insèreraient dans tous les champs de la société et ceux qui devraient se contenter des SEL ou des îlots d’économie solidaire, simples cautères sur une jambe de bois.

Tout autre serait la situation où diminuerait progressivement le temps de travail contraint de tous, de façon à éradiquer le chômage, et où augmenterait simultanément le temps libre de tous propice à toutes les activités autonomes.

La progression de la solidarité doit gagner tous les échelons de la société.

Penser que solidarité d’un côté et capitalisme de l’autre pourraient cohabiter est probablement illusoire.

Les SEL et les oasis d’économie solidaire n’offrent pas d’alternative au capitalisme.

D’où la nécessité à la fois de grains de sable et de grains de sel. De préférence, assez gros…

J.M. Harribey (texte complet sur le site Transversel )

Logo de Collectif TRANSVERSEL
mardi 14 décembre 2004 à 09h49, par  Collectif TRANSVERSEL

Aucun salarié de ce pays n’a le choix de son temps de travail, tous ceux qui disent le contraire sont soit des menteurs soit des ignorants : Tout salarié est « subordonné » : c’est son employeur et son employeur seul qui décide de son temps de travail. Ce qui caractérise un contrat de travail est un lien de « subordination » dans le Code.
C’est LE droit existant. Le reste est affabulation.

Seul l’employeur décide de la naissance du contrat, de l’exécution du contrat et de la fin du contrat. C’est lui qui décide de vous embaucher au choix, a temps partiel, a temps plein, et de vous faire faire ou non des heures supplémentaires...

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