Du bon usage de la piraterie

Culture libre, sciences ouvertes
lundi 5 juin 2006
popularité : 16%

Par Florent Latrive, préface de Lawrence Lessig, Exils Editeurs, Paris, octobre 2004.

Florent Latrive, journaliste à Libération, nous offre un livre revigorant qui combat les menées des intégristes de la propriété intellectuelle.

Elargissant son champ de réflexion au-delà du numérique, il dénonce la privatisation et la marchandisation de la connaissance, les brevets logiciels, les brevets sur le vivant, les brevets sur les médicaments. Il démonte les arguments des laboratoires qui clament que les pirates vont tuer la recherche et s’appuient sur le droit pour criminaliser les Etats pauvres qui copient les médicaments qu’ils ne peuvent acheter.

Face à l’offensive musclée des ayants droits de tout poil, ceux qui multiplient les procès contre les jeunes à qui ils veulent faire croire que « télécharger une chanson sur Internet, c’est comme voler un CD en magasin », cet ouvrage bien documenté et écrit d’une plume alerte apporte une bouffée d’oxygène. Il montre qu’on peut concilier rétribution des auteurs et partage du savoir.

Mieux qu’un simple pamphlet, il ouvre des perspectives sur ce qui pourrait être une économie de l’immatériel. Il n’est pas possible en effet de continuer à enfermer dans une logique de rareté ce qui est partageable à l’infini.

Et pour joindre l’acte à la parole, Florent Latrive et les Editions Exils livrent gratuitement sur Internet le texte Du bon usage de la piraterie, ouvrage qu’on peut également acheter en librairie (18 euros).

Fanny Carmagnat

(cet article a été piraté sur un journal écolo :-)

La licence s’applique au livre ’Du bon usage de la piraterie’

Auteur : Florent Latrive

Editeur : Exils

Parution : octobre 2004

Site web de référence : freescape/piraterie

MERCI DE NE PAS SEPARER CE FICHIER DU FICHIER DU LIVRE

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Commentaires

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jeudi 13 janvier 2005 à 22h49, par  Collectif TRANSVERSEL

Idem pour le copyright aux Etats-Unis, "grâce" aux pressions de l’industrie du divertissement, du vivant, des logiciels et des médicaments. En apparence rien que de très banal. Sauf qu’à force de breveter à tout va, d’encadrer jusqu’à l’excès, de menacer et poursuivre les affreux contrevenants on finit par poser "des péages à l’entrée de la connaissance", "au détriment de la circulation des savoirs".

Rigoureux et croustillant

Le livre narre ainsi l’épopée du Betamax, premier enregistreur vidéo destiné au public, mis au point par Sony en 1976. Une "machine-pirate" selon les studios d’Hollywood, qui déclenchèrent alors une grande offensive juridique. Au terme de huit années de procédures, les tribunaux finirent par en autoriser l’usage, ouvrant une voie royale au développement du marché de la vidéo, pour le plus grand bien des cinéphiles et des studios...

Fourmillant de petites histoires qui font la grande, Du bon usage de la piraterie déroule une thèse convaincante : la société a tout à gagner d’une vision ouverte de la propriété intellectuelle. A l’image des "nains juchés sur les épaules de géants", les contemporains cultivent leurs créations sur le terreau de celles de leurs prédécesseurs. Et transmettent à leur tour le fruit de leur travail à un public sans lequel ils ne seraient rien. On devrait donc parler de "copropriété intellectuelle", suggère Florent Latrive, qui propose l’exploration de quelques pistes, comme le domaine public payant (exploitation libre d’une œuvre, frappée d’une taxe) ou les licences "ouvertes" Creative Commons [2].

Au final, ce livre séduit parce qu’il n’est ni l’œuvre d’un alter-mondialiste en croisade contre le grand capital, ni celle d’une plume éditorialisante, servant la soupe à la morale. Pétri de rigueur et croustillant d’anecdotes, il montre que pour débattre des enjeux de l’économie du savoir, mieux vaut comprendre comment celui-ci circule. Plutôt que juger a priori ses usagers, fussent-ils des adolescents rebelles.

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