Le soulèvement de la jeunesse

By our friend : Jean Zin
jeudi 10 novembre 2005
par Collectif TRANSVERSEL
popularité : 4%

Un seul mot : ENFIN...

dimanche 6 novembre 2005

Enfin cette jeunesse maltraitée, méprisée, précarisée, marginalisée, exclue du coeur de la vie se révolte contre ce vieux monde qui était déjà mort depuis longtemps et ne le savait pas encore. Certes, ce n’est pas une révolution, ce n’est que de la rage, mais brûler les voitures n’est-ce pas le rêve de nombreux écologistes ?

C’est la lutte qui crée les solidarités et donne forme avec le temps aux revendications politiques. Je suis trop loin de tout pour savoir comment les choses évolueront mais cela m’étonnerait que les escarmouches cessent avant la fin de l’année (sauf s’il y a des morts) et cette pression peut s’avérer décisive politiquement, le pire hélas n’étant pas exclu d’un renforcement de l’Etat policier ce qui devrait obliger les véritables démocrates à se ranger du bon côté.

On le savait, cette génération est une génération perdue. Pour la première fois de l’histoire, dit-on, les enfants auront un statut social inférieur à celui de leurs parents. La partie dominante de la génération du baby boom et de Mai 68 (mais surtout de la contre-révolution qui a suivi) a confisqué tous les postes et tous les avantages. C’est au moment où elle prend sa retraite que les retraités ont un pouvoir d’achat supérieur à celui des actifs, ce qui ne s’était jamais vu ! Pendant ce temps la jeunesse est laissée à l’abandon, dans la précarité la plus totale, sans RMI pour les moins de 25 ans, sans espoir de progression sociale et victimes d’entrée de jeu d’un chômage de masse préféré à l’inflation par tous les rentiers.

Monde de vieux déjà mort où s’annonce la relève. On aimerait bien que la violence ne soit pas nécessaire pour se faire entendre mais, le fait est là, il faut que la jeunesse s’enflamme pour qu’on s’intéresse à elle, jeunesse réprimée, contrôlée, stigmatisée. Le symbole de la voiture carbonisée n’est pas trop mal trouvé pour cette destruction de leur propre environnement déjà dévasté, pour la politique de terre brûlée de cette civilisation du pétrole qui s’écroule en laissant une planète surchauffée, un climat déréglé et qui redouble de violences. Le piège serait de donner dans le terrorisme, dans les violences aux personnes, encore plus de sortir les armes. Si on fait parler les armes, personne d’autre n’a plus la parole et l’on se met sur le terrain de l’adversaire, celui où l’on est le plus faible ! Brûler des voitures, s’en prendre à des marchandises n’a jamais fait de mal à personne, seulement au système. Il ne s’agit pas simplement de violer l’ordre établi mais de le faire savoir, de montrer sa colère, de passer à la télé, de faire passer un message, de faire signe, de mimer la violence plus que de la provoquer. Il ne s’agit que d’information et il faut éviter au maximum la véritable violence qui détourne la sympathie du spectateur et empêche les alliances. Ce dont il faudrait se préoccuper plutôt, c’est de la beauté du geste, de sa mise en scène, de trouver à lui donner sens alors que donner dans le terrorisme serait la fin du mouvement social...

Tout peut s’arrêter demain mais ce n’est pas le plus probable à ce jour. Brûler des voitures est devenu un symbole voyant repris un peu partout par une jeunesse révoltée depuis trop longtemps et qui n’a pas d’autre moyens d’exister. On dénonce le fait que cette révolte soit vide mais c’est le cas de la plupart des révoltes qui n’acquièrent leur sens qu’après-coup. En elle-même, la colère ne manifeste qu’une chose, c’est qu’un seuil a été franchi. L’événement importe peu au regard de l’accumulation précédente de toutes les rancoeurs contre un pouvoir arrogant. C’est le choc de l’événement qui provoque après-coup les réponses politiques qu’on prétend y apporter et donc le sens de l’événement dépend de nous. Il n’y a pas de raison que ne sorte pas de ce mouvement une nouvelle culture politique qui pourrait cristalliser toutes les souffrances sociales et servir d’allumette pour un feu qui couve depuis plusieurs années maintenant. Le terrain est propice. Bien sûr, il y a un risque, comme en tout mouvement de foule. Le pire est toujours le plus probable si on ne fait pas preuve d’intelligence, si on n’arrive pas à politiser l’affrontement. Il serait prématuré de savoir si le ministre de l’intérieur en sortira diminué ou renforcé. Il est probable que le balancier ira d’un extrême à l’autre car il y a une dramatisation de l’enjeu.

Comme à chaque fois la question qui se pose est celle de savoir de quel côté on est.

Du côté de ceux qui condamnent la violence et réduisent l’événement aux individus affublés du titre de racaille ou du côté de ceux qui manifestent leur révolte devant le sort qui leur est réservé, et dont la dimension est bien sociale. La question soulevée par les émeutes de la périphérie est une question politique d’équilibre entre les populations, les générations, les classes sociales, les territoires. Cette société est tellement bloquée, le verdict des électeurs est tellement méprisé à chaque consultation et les prochaines élections paraissent déjà tellement verrouillées et sans espoir pour les plus précaires, que cette flambée pourrait s’avérer salutaire.

En tout cas il faut l’aider à trouver une issue politique et ajouter nos protestations à ceux des émeutiers plutôt que de calmer les esprits.

La maison brûle, il n’est plus temps d’attendre, il faudrait profiter de la conjoncture pour relancer les revendications sociales, en particulier sur l’augmentation des minima sociaux, le refus de la misère, la réaffirmation d’une solidarité sociale, et, pourquoi pas lancer quelques grèves, quelques occupations ?

Refaire le monde, qui en a tant besoin !


remerciements à notre ami Jean Zin et merci pour nous avoir mis en ligne son tout nouveau BLOG...

Pour allez directement sur le BLOG de JEAN


Commentaires

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dimanche 26 février 2012 à 14h44, par  TbhJccXbHVwhWVH

Le petit coeur, en blanc sur noir, me fait pesner au Petit Coeur Belin. C’est une petite madeleine de Proust graphique et j’avoue que je fonds litteralement. Silencio !

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jeudi 20 juillet 2006 à 01h59, par  BLK

Platon (-427/-347 )
- « Les élèves n’ont cure de leurs professeurs, pas plus que de tous ceux qui s’occupent d’eux ; et, pour tout dire, les jeunes imitent les anciens et s’opposent violemment à eux en paroles et en actes. »
La République – (Dialogue entre Socrate
et Adimante sur les origines de la tyrannie)

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mercredi 19 juillet 2006 à 21h37, par  BLK

Les aînés ont beau dire, ont beau faire ; ils ont une dette immense vis à vis de la jeunesse : ils lui doivent le monde.

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samedi 25 février 2006 à 13h06, par  Collectif TRANSVERSEL

désolé ; mais votre raisonnement ne tiens pas ...
En plus sur ce site nous n’aimons pas l’anonymat, nous pouvons continuer la discussion ici , mais cela aurait été plus dans l’esprit du site de mettre votre e.mail perso .

Bon, soit, vous avez travaillé dur , cela est respectable , mais doit-on voir la société qu’au travers le "travail" , il y a tellement de choses à faire dans ce monde qui peut être appelé autrement que travail...

De plus comme vous le reconnaissez le travail n’est pas rémunéré à sa juste valeur ...Faire le maçon pour 1500 Euros par mois ???franchement est-ce la panacée ....Quand vous rentrez chez vous après plus de 12 à 14 heures (travail et transport) et que le seul geste qui vous reste c’est de s’assoir devant la télé pour écouter les inepties quotidiennes...et ll’intoxication par le sport (Football, jeux olympiques à FRIC, ...coupe du monde etc...)
Bref les jeunes ont un drôle de monde sous leurs yeux qui n’engagent pas du tout à se mettre au travail...
D’ailleurs le travail se fera très rare dans les années à venir et ce sera un combat pour y parvenir ..comme cela les salaires seront tirés vers le bas ...alignés par exemple sur la Pologne ou la Grèce....

Voilà , réfléchissez un peu , quand vous arrêtez de travailler, s’il vous reste du temps libre ... !!! et ne critiquez pas ceux qui sont dans les minimas sociaux, alors que des acteurs, des politiques, des chefs de grandes entreprises ou des rentiers boursiers recoivent plus de 2 à 3 millions d’Euros , alors qu’un RMistes plafonnent à 5 000 Euros par an....et un smicard à 10 000 ....

C’est cela que vous devez prendre en réalité ....

Bien à vous .

Daniel D. (collectif Transversel )

samedi 25 février 2006 à 01h09

Relevé les minima sociaux !!

Les sous, vous les trouver ou ?
Augmenter les impôts de ceux qui travaille !!
Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !
Ce serais inciter a la feignantise, Il y a déjà assez d’aide comme ça.
Je ne veut pas bosser pour aider ceux qui ne le mérite pas, augmenter fortement le SMIC en ponctionnant sur différente aide social, mieux récompenser le travail serais une riche idée.

J’ai 33ans, depuis le début de ma vie active, je n’ai jamais refusé une seul fois un emploi, et croyez-moi faire du débardage en forêt , faire du depressage tous seul sur un chantier a 18 ans pendant les mois d’été, je me défoncait pour qu’il me garde le mois suivant , ou monter des racks à palette en pleine été sous les toit des entrepôts, travaillé à la chaine, tout ça pour gagner SMIC, la galére a durée jusqu’a met 28 ans.
Croyez-vous que ces jeunes de banlieue qui son capable de brulé les voitures de leurs voisin seraient prêt a travailler 40 h par semaine pour le SMIC, ils sont trop feignant, tous ce qu’ils savent faire c’est démolir et faire chier le monde, ils se plaisent ou ils sont, et trouve n’importe quelle mauvaise raison pour s’autorisé à mettre encore plus le bordel.
Anecdote :
En interim il m’ai souvent arrivée de commencer une mission, ou dés la coupure du dejeuner de la 1ére journée, la moitié ou presque tous les employés temporaire ne revenait plus.
C’est plus simple et moins fatiguant de toucher les ASSEDIC
Il faut couper les vivres a tout ceux qui sont en pleine force de leur moyen et qui refuse de bosser, CAD 50% des chômeurs.
AUGMENTER les AIDES, CE N’EST PAS LES AIDEZ !!

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