Dossier du mois d’avril : La Gratuité existe-t-elle ?

Ou comment créer de nouvelles valeurs.
mardi 4 avril 2006
par Collectif TRANSVERSEL
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Pour s’appuyer sur une démarche très intéressante, nous prendrons comme point de départ : le livre .

La notion de livre "gratuit" ce mois-ci avec celui de Jean-Louis Sagot-Duvauroux aux éditions de l’Eclat sous la forme "Lyber" nous servira de point de départ de notre analyse du phénomène. Il y a deux mois déjà, c’est notre ami philosophe Jean Zin qui faisait paraitre son dernier livre sous cette même forme.

Alors y-a-t-il une réelle necessité à recourir à cette forme de publication ?

Pour notre part, nous pensons que oui.

Cela fait un grand brassage idéologique et permet à tous d’écrire , de publier, de se faire connaître voire acquérir une certaine reconnaissance qui était encore il y a quelques années la possibilité unique des dites "élites".

Ecrire en effet était réservé à celles et à ceux qui avaient acquis "la Connaissance".

Aujourd’hui Vous , comme d’ailleurs chacun de Nous , pouvons "PUBLIER".

Mais alors me direz-vous , comment gagner Sa Vie ?

Là , réside la question fondamentale qui va se poser dans les années à venir.

La gratuité existe-t-elle ?

D’un côté, le marché fait débauche du mot « gratuit », récompense offerte aux fidèles du shampoing, du liquide vaisselle ou du sirop de grenadine (25 % de produit gratuit en plus), aux aficionados de la vente par correspondance (gratuit : un ravissant pendentif égyptien plaqué à l’or fin), aux acheteurs impécunieux (crédit gratuit) ou aux claustrophiles affamés (les pizzas sont livrées gratuitement). De l’autre - est-ce en réaction à ces bouffonneries ? -, les organisateurs de gratuité, par exemple les élus ou les responsables de collectivités locales qui développent des services libres d’accès, se récrient très généralement lorsqu’on met l’accent sur l’aspect gratuit de leurs réalisations. Comme s’ils craignaient que cette qualification minimisât le sérieux de leur engagement. Comme si elle délestait le citoyen de sa responsabilité. Alors, avec ce sérieux et cette responsabilité où perce une pointe d’amertume, ils rabrouent l’ami des choses gratuites en lui rappelant comment et combien il reste avant tout un contribuable. Jean-Louis Sagot-Duvauroux (extrait de ses écrits de 1995)

Depuis où en est-on réellement ?

De la gratuité

Par tradition, la « culture de la gratuité » est associée à l’envers du marché, à un mode alternatif de penser les échanges, à des démarches d’émancipation sociale, au don. Mais elle subit aujourd’hui de puissants effets de brouillage. Le développement d’Internet entremêle inextricablement vraies et fausses gratuités. Les stratégies marketing annexent sans complexe l’attrait du mot « gratuit ». Les télévisions ou les journaux « gratuits » sont le cheval de Troie du tout-marchand publicitaire, alors que de grandes gratuités sociales comme l’école publique ou l’assurance maladie subissent une crise grave et que la mécanique du profit semble occuper tout l’horizon. Quels enjeux de civilisation couvent sous cette question ? À quel prix peut-on encore dire avec Bruce Sterling : « Gratuit comme l’air, l’eau... gratuit comme la connaissance » ? Jean-Louis Sagot-Duvauroux tente de répondre à ces questions et propose une éthique de la gratuité.

Pour Nous à Transversel,

la gratuité fait partie inextricable de notre démarche depuis ces trois dernières années. Nous fonctionnons dans le DON ( exemple : une imprimante nous a été donnée en janvier...par un de nos participant-rédacteur )et aussi nous sommes bénévoles dans notre action journalière.

Mais bien sûr nous avons besoin d’un minimum de monnaie pour la survie de notre expérimentation ( hébergement Internet essociatif, papier, timbres, encre etc...tout cela soutenu par une dizaine de personnes...). C’est aussi cela qui nous permet d’exister.

Les éditeurs nous font régulièrement parvenir leurs publications gratuitement , est-il utile de le rappeler.

Alors qu’en pensent les éditeurs et les écrivains ? , Aux éditions de l’éclat c’est simple et l’acte de gratuité leur permet une double action : voilà ce qu’ils en pensent.

Livre, lyber et droits d’auteur

Et voici qu’aujourd’hui, usant des possibilités nouvelles offertes par Internet, les Éditions de l’éclat me proposent de jouer sur les deux registres : gratuité du texte, circulation marchande de l’objet livre. Il y a quelques années, cet éditeur invente un attelage éditorial inédit : la diffusion sur le net d’un lyber, texte gratuitement mis à disposition des internautes ; l’édition et la mise en vente d’un livre portant ce texte. Un livre, un vrai livre de papier vendu dans de vraies librairies, me rapportant de vrais droits d’auteur. Un texte gratuitement accessible, téléchargeable à volonté, librement ouvert à cette sorte d’échange dont le bénéfice pourtant bien réel est néanmoins sans prix. Un texte vivant sa vie sans péage, plus un livre comme on l’aime, ciboire de la connaissance et de l’émotion dans le tabernacle douillet d’une étagère, précieuse custode grâce à laquelle nous pouvons offrir le viatique d’un texte aimé à ceux qu’on aime. Le livre était le support du texte, mais aussi l’enclos marchand permettant d’en monnayer l’accès. Le texte s’est libéré des postes frontières qu’impose d’habitude la protection de la propriété intellectuelle. La liberté donnée au texte affranchit le livre de ses fonctions de police. Le jumelage d’Internet et de l’imprimerie remet la marchandise à sa place. Subalterne. On disait jadis : « Bon esclave et mauvais maître. »

En plus, l’éditeur me dit qu’il vend davantage ! (extrait de ses écrits de 2006)

Pour lire ce livre dans son intégralité "De la gratuité" (texte gratuit) cliquez ICI

Accès au site des Éditions de l’Éclat

Lire la Charte du lyber

Contact, presse : infos@lyber-eclat.net

- Tél : 0033 (0)1 45 77 04 04

Lien pour acheter le livre

Dossier à compléter en inter-activité avec vos participations.


Ce dossier très intéressant sera complété au cours des mois d’avril du mois de mai 2006.

Si vous aussi Editeurs ou Ecrivains avez des livres publiés sous cette forme , n’hésitez pas à nous en envoyer un exemplaire à :

TRANSVERSEL (Asso) Pechely 24290 Valojoulx


Commentaires

Logo de yejYSrYUUXaoWlmWML
dimanche 26 février 2012 à 19h34, par  yejYSrYUUXaoWlmWML

Et une video flash dans ton msesage d’adieu, canaille !! Tu aurais pu nous faire un remake du film en question !Tu vas nous manquer ! Mais le monde est petit !

Logo de Fievet Lucile
jeudi 27 avril 2006 à 17h46, par  Fievet Lucile

Bonjour

Je trouve que gratuit est finalement un mauvais terme pour désigner "accés libre".
Que ca soit le prêt de livre, la santé, l’eau ou l’éducation..etc il ne s’agit que d’un accés libre à des ressources, à qui ont peut attribuer une valeure en fonction du travail qu’elles nécessites ou de leurs rareté-nécessité.
Ici le problème n’est pas la valeure de ses objets, mais leurs mise à disposition LIBRE, cela nécessite un concensus citoyen ou communautaire.

Les deux opposants ne sont pas les gratuiteux contre les taxeurs, ou les donneurs contre les marchands ; l’opposition se fait sur le libre accés aux ressources (donc à leurs mises en communs, à leure participation à un intérêt collectif, générale ou public) contre une limitation de leure accés individuel ou collectif par un acteur privé ou étatitque.

Les ressources limités doivent êtres protégées de l’avidité ou de l’insouciance de leurs consomateurs, si on veut une répartition égalitaire et efficace.
Les ressources illimitées (copies numériques, idées, savoir) doivent permettrent de faire vivre ceux qui les produises.

Pour cela, on distingue deux accés :
Les ressources limitées doivent être en accés limité, ce qu’on pourrait réaliser en les rendant "individuellement payant".
Les ressources illimités doivent êtres en accés Libre, le "individuellement gratuit" est un mauvais concepte. Les biens immateriels ne correspondent pas aux biens matériels. La création intellectuelle, doit être LIBRE, c’est à dire ne pas être contre productifs pour la réalisation d’autres savoirs et d’autres créations, sa diffusion ne doit pas être entravée ... par un mode distribution individuellement payant par exemple.
On ne peut pas envisager imho, un monde complétement gratuit, tant que les ressources sont en accés "individuellement payant", les créateurs doivent alors êtres rémunérés pour avoir accés aux ressources limitées. Les créations sont alors payantes ..au moins collectivement.

Cela pose le problème de répartition des ressources limités, si on pourrait donner des tickets de ressources limités à tous, on peut alors envisager le reste de l’économie sous forme de dons... il reste juste à motiver les gens pour créer le reste des richesses et les donner.

La création de richesse autonome fonctionne assez bien dans le logiciel LIBRE, parceque les geeks aiment créer (comme les enfants aiment déssiner ou jouer aux légos), ou la musique LIBRE. Ces logiciels et ses musiques sont en accés libre, mais rien ne vous empèches de les vendre ou des les acheter, les geeks vivent du service autour de ses produits, les artistes musiciens de leurs concerts. Je pense que dans une société libre, avec répartitions des ressouces limitées, la création des logiciels et de la musique libre continuerait voir exploserait.

Mais ces deux domaines sont des domaines plutôt gratifiants.

Si on veut baser toute une société sur ce système ou il faudra rendre les tâches ingrates gratifiantes ou il faudra les imposer par tickets :o), ou alors il faudra sérieusement se mettre à la robotique et à la cybernétique !!

Je dirais donc que la gratuité n’éxiste pas, parceque les ressources limitées ont par leurs raretés une valeure intrinsec, par contre le DON existe et il est le système de répartition le plus efficace et le moins couteux.

Pour donner soit il faut avoir une morale... système dangeureux quand on veut l’imposer aux autres, soit il faut une gratification sociale ... ce qui revient à mode de paiement, soit on l’impose par la force de la loi, alors ce n’est plus un don c’est une extortion :o)

Donc la communauté basé sur le don ne peut-être qu’un ensemble d’acteurs volontairs... qui ont un accés libre aux ressources limitées(et nécessaires).

Le débat tourne donc bien autour de la liberté, et non autour de la gratuité.
Traduisez-donc FREE par libre et non par gratuit ! les choses seront plus claires pour moi :)

lucile fievet

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