LE CREDIT SOCIAL ( d’après le texte de Louis EVEN)

lundi 9 septembre 2002
par Collectif TRANSVERSEL
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suite du premier texte (comme promis ) prochain texte suite et fin de l’article fin septembre 2002.

L’argent conforme au réel

2 : Le Crédit Social

L’argent conforme au réel

L’argent de Martin, dans l’Ile des Naufragés, n’aurait eu aucune valeur s’il n’y avait eu aucun produit dans l’Ile. Même si son baril avait été réellement plein d’or, qu’est-ce que cet or aurait pu acheter dans une île sans produit ? Or, ou papier-monnaie, ou n’importe quels montants de chiffres dans le livre de Martin n’auraient pu nourrir personne, s’il n’y avait pas eu des produits alimentaires. Ainsi pour les vêtements. Ainsi pour tout le reste.

Mais il y avait des produits dans : l’Ile. Ces produits provenaient des ressources naturelles de l’île et du travail de la petite communauté. Cette richesse réelle, qui seule donnait de la valeur à l’argent, était la propriété des habitants de l’ile, et non pas la propriété exclusive du banquier Martin.

Martin les endettait pour ce qui leur appartenait. Ils l’ont compris quand ils ont connu le Crédit Social. Ils ont compris que tout argent, tout crédit financier, est basé sur le crédit de la société elle-même, et non pas sur l’opération du banquier. Que l’argent devait donc être leur propriété au moment où il commençait ; donc, leur être remis, divisé entre eux, quitte à passer ensuite des uns aux autres selon le va-et-vient de la production des uns et des autres.

La question de l’argent devenait dès lors pour eux ce qu’elle est essentiellement : une question de comptabilité. La première chose qu’on exige d’une comptabilité, c’est d’être exacte, conforme aux choses qu’elle exprime.

L’argent doit être conforme à la production ou à la destruction de richesse. Suivre le mouvement de la richesse : production abondante, argent abondant ; production facile, argent facile ; production automatique, argent automatique ; gratuités dans la production, gratuités dans l’argent.

L’argent pour la production

L’argent doit être au service des producteurs, à mesure qu’ils en ont besoin pour mobiliser les moyens de production.

C’est possible, puisque cela s’est fait, du jour au lendemain, dès que la guerre fut déclarée en 1939.

L’argent, qui manquait partout depuis dix années, est venu soudain ; et pendant les six années de guerre, il n’y a plus eu aucun problème d’argent pour financer toute la production possible et requise.

L’argent peut donc être, et doit être, au service de la production publique et de la production privée, avec la même fidélité qu’il fut au service de la production de guerre. Tout ce qui est physiquement possible pour répondre aux besoins légitimes de la population doit être rendu financièrement possible.

Ce serait la fin des cauchemars des corps publics. Et ce serait la fin du chômage et de ses privations, tant qu’il reste des choses à faire pour répondre aux besoins, publics ou privés, de la population. Tous capitalistes

Dividendes à chacun

Le Crédit Social préconise la distribution d’un dividende périodique à tous. Disons une somme d’argent versée chaque mois à chaque personne, indépendamment de son emploi - tout comme le dividende versé au cappitaliste, même quand il ne travaille pas personnellement.

On reconnaît que le capitaliste à piastres, celui qui place de l’argent dans une entreprise, a droit a un revenu sur son capital, revenu qui s’appelle dividende. Ce sont d’autres individus qui mettent son capital en oeuvre, et ces autres-là sont récompensés pour cela, en salaires. Mais le capitaliste tire un revenu de la seule présence de son capital dans l’entreprise. S’il y travaille personnellement, il tire alors deux revenus : un salaire pour son travail et un dividende pour son capital.

Eh bien, le Crédit Social considère que tous les membres de la société sont capitalistes. Tous possèdent en commun un capital réel qui concourt beaucoup plus à la production moderne que le capital-piastres ou que le travail individuel des employés.

Quel est ce capital communautaire ? I1 y a d’abord les ressources naturelles du pays, qui n’ont été produites par personne, qui sont une gratuité de Dieu à ceux qui habitent ce pays. Puis, il y a la somme des connaissances, des inventions, des découvertes, des perfectionnements dans les techniques de production, de tout ce progrès, acquis, accumulé, grossi et transmis d’une génération à l’autre. C’est un héritage commun, gagné par les générations passées, que notre génération utilise et grossit encore pour le passer à la suivante. Ce n’est la propriété exclusive de personne, mais un bien communautaire par excellence.

Et c’est bien là le plus gros facteur de la production moderne. Supprimez seulement la force motrice de la vapeur, de l’électricité, du pétrole - inventions des trois derniers siècles - et dites ce que serait la production totale, même avec beaucoup plus de travail et de bien plus longues heures par tous les effectifs ouvriers du pays.

Sans doute, il faut encore des producteurs pour mettre ce capital en rendement, et ils en sont récompensés par leurs salaires. Mais le capital lui-même doit valoir des dividendes à ses propriétaires, donc à tous les citoyens, tous également cohéritiers des générations passées.

Puisque ce capital communautaire est le plus gros facteur de production moderne, le dividende devrait être capable de procurer à chacun au moins de quoi pourvoir aux besoins essentiels de l’existence. Puis, à mesure que la mécanisation, la motorisation, l’automation, prennent une place de plus en plus grande dans la production, avec de moins en moins de labeur humain, la part distribuée par le dividende devrait devenir de plus en plus grosse.

Voilà une tout autre manière de concevoir la distribution de la richesse que la manière d’aujourd’hui. Au lieu de laisser des personnes et des familles dans la misère noire, ou de taxer ceux qui gagnent pour venir au secours de ceux qui ne sont plus nécessités dans la production, on verrait tout le monde assuré d’un revenu basique par le dividende.

Meilleure répartition à la source.

Ce serait en même temps un moyen, bien approprié aux grandes possibilités productives modernes, de réaliser dans la pratique le droit de tout être humain à l’usage des biens matériels. Droit que chaque personne tire du seul fait de son existence. Droit fondamental et imprescriptible, que Pie XII rappelait dans son historique radio-message du ler juin 1941 : "Les biens créés par Dieu l’ont été pour tous les hommes et doivent être a la disposition de tous, selon les principes de la justice et de la charité. Tout homme, en tant qu’être doué de raison, tient en fait de la nature le droit fondamental d’user des biens matériels de la terre... Un tel droit individuel ne saurait être supprimé en aucune manière, pas même par l’exercice d’autres droits certains et reconnus sur des biens matériels."

Un dividende à tous et à chacun : voilà bien la formule économique et sociale la plus radieuse qui ait jamais été proposée à un monde dont le problème n’est plus de produire, mais de distribuer les produits. Pas par un parti politique Nombreux, en plusieurs pays, ceux qui voient dans le Crédit Social de Douglas ce qui a été proposé de plus parfait pour servir l’économie moderne d’abondance, et pour mettre les produits au service de tous. I1 reste à faire prévaloir cette conception de l’économie, pour qu’elle devienne une réalisation dans la pratique.

Malheureusement, au Canada, des politiciens ont galvaudé les deux mots "Crédit Social" en les prenant pour désigner un parti politique. C’est le plus grand tort qui ait jamais été fait à là compréhension et à l’expansion de la doctrine de Douglas. C’est devenu une source de confusion et une cause de défiance. Bien des gens refusent à priori d’entendre parler de Crédit Social parce qu’ils y voient un parti politique, et ils ont déjà donné leur allégeance à un autre parti. Pourtant, le Crédit Social, authentiquement compris, n’est pas du tout un parti politique. C’est exactement le contraire. Le fondateur même de l’école créditiste, C.H. Douglas, connaissait certainement mieux sa doctrine que n’importe qui ; infiniment mieux surtout que les petites têtes enflées qui veulent se servir de l’idée superficielle qu’ils en ont pour essayer de satisfaire leurs ambitions politiques. Or, Douglas a déclaré carrément qu’il y a incompatibilité entre Crédit Social et politique électorale.

Parti politique et Crédit Social sont deux termes qui s’excluent l’un l’autre, par leur nature même, par leur but, leur moteur, leur esprit.

Les principes du Crédit Social reposent sur une philosophie. Et cette philosophie donne la priorité à la personne sur le groupe, sur les institutions, sur le gouvernement lui-même.

Toute activité faite au nom du Crédit Social authentique doit être une activité au service des personnes. C’est un tout autre moteur qui anime et oriente les activités d’un parti politique.

Tout parti politique, ancien ou nouveau, a pour but premier de conquérir ou de garder le pouvoir, de devenir ou de rester le groupe qui gouvernera le pays. C’est la recherche du pouvoir pour un camp.

Le Crédit Social, au contraire, conçoit le pouvoir redistribué à tous : le pouvoir économique, par un dividende périodique permettant à chaque individu de passer des commandes à la production de son pays ; le pouvoir politique, en faisant de l’État, des gouvernements à tous les échelons, la chose des personnes, et non pas les personnes la chose de l’État. C’est le gouvernement qui intéresse les partis politiques. Tandis que c’est la personne,l’épanouissement de la personne qui intéresse le vrai créditiste.

La politique de parti porte les citoyens à abdiquer leur responsabilité personnelle, le parti mettant toute l’importance sur le vote, sur un acte de quelques secondes que le citoyen accomplit caché derrière un écran, après avoir été servi de ragoût électoral à toutes les sauces pendant quatre semaines.

Le Crédit Social, au contraire, apprend aux citoyens à prendre eux mêmes leur responsabilité, en politique comme dans le reste, et en tout temps, se faisant la surveillance et la conscience des gouvernements, clamant la vérité et dénonçant les injustices sans répit partout où elles se trouvent.

Tout parti politique contribue à diviser le peuple, les partis luttant les uns contre les autres à la recherche du pouvoir. Or, toute division affaiblit. Un peuple divisé, affaibli, se fait mal servir.

La doctrine du Crédit Social, au contraire, rend les citoyens conscients des aspirations fondamentales communes à toute personne. Un mouvement créditiste authentique apprend aux citoyens à s’unir pour des demandes sur lesquelles tous s’accordent, à faire au besoin des pressions concertées sur les gouvernants, quelle que soit l’équipe au pouvoir. C’est pour cela que le journal Vers Demain, dont ces 8 pages sont tirées, recommande en politique la pression du peuple groupé en dehors des parlements, mais agissant sur les gouvernements, afin de faire les élus du peuple légiférer dans le sens du Crédit Social.

Pour faire prévaloir de grandes idées, comme la belle conception créditiste de l’économie, il faut, non pas des politiciens avides de gloriole et d’argent, mais des apôtres qui se donnent sans calcul, n’ayant en vue que le triomphe de la vérité et un monde meilleur pour tous ; des apôtres détachés de toutes récompense ici-bas, faisant tout leur possible pour la cause embrassée et, pour le reste, s’en remettant entre les mains de Dieu.

Le journal Vers Demain travaille à former de tels apôtres.

Le journal Vers Demain présente leurs objectifs, leurs activités et leur réalisations.

Ce n’est par l’embauchage intégral qu’il faut, mais une comptabilité intégrale pour un revenu intégral Tout le monde à droit à une partie de la production. Donc tout le monde à droit à une partie de l’argent total.

Louis EVEN (suite 2 )


à suivre ... et à retrouver dans le cadre des journées sur la Monnaie à Pessac près de Bordeaux au mois d’octobre , organisées par le Sel Gabare et la municipalité de Pessac. Daniel D. (rens. au 06 12 55 77 58 )


Commentaires

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vendredi 26 décembre 2008 à 14h03, par  Gd

C’est une idée simple et intéressante mais qui ne pourrait pas fonctionner tel quelle. La nature humaine étant ce quelle est et si les besoins de bases étaient satisfait par ce système, trop de gens ferait le choix de survivre grâce a ce système. Le credit sociale devrait fonctionner en amortisseyr du ststeme actuel qu’il ne devrait pas remplacer. De mon point de vue, un crédit sociale ne pourrait être accorder a un individu qu’en echange d’un travail qui soit utile a la société. Le crédit sociale ne doit en outre qu’être un
coussin de sécurité amortissant les accidants de la vie et ne devrait pas inciter l’individu a rester dans ce système. Le crédit sociale doit être inférieur significativement au revenu minimun dans le système libérale actuel.
Cordialement

mardi 11 avril 2006 à 07h49

Rien a voir avec le communisme.

Le crédit social ne nationalise rien. Le crédit social n’abolit pas la propriété privée. Le crédit sociale est une doctrine économique simple, logique et la seule solution à tous les problèmes que le monde humain rencontre actuellement.

Le crédit social remet les choses à sa place. La création de l’argent doit être remis entre les mains de l’état, et entre les siennes à lui seul.

Cela passe pas une société ou les banques n’ont plus le pouvoir de créer de l’argent et d’exiger illégalement des intérêts qui ne peuvent pas être rembourser puisqu’elles sont les seules créatrices de monnaie.

Cela passe par l’effacement de la dette publique.

Cela passe par le reversement du dividende social a tous les citoyens, monnaie créé gratuitement par l’état et adapté aux réalités de la productivité d’un pays.

Cela passe par le controle de la monnaie en fonction de la production.

Une société créditiste, c’est une société sans chomage, sans pauvreté, sans problèmes.
Mais forcément, dès qu’on entend ces mots, on crie à l’utopie.

Lisez le traité sur le crédit social selon Louis EVEN (une simple recherche sur google) et vous verrez que c’est loin d’être absurde et parfaitement réalisable... et que bien sur, une poignée de personnes ne souhaient pas du tout voir s’installer un système aussi efficace et logique dans notre société.

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vendredi 12 septembre 2003 à 09h26, par  Collectif TRANSVERSEL

Oui, on peut le voir comme cela , mais avec certaines différence quand même.

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vendredi 12 septembre 2003 à 07h00, par  arvidaman

Une forme de communisme ?

Logo de Daniel Delarasse
mardi 10 septembre 2002 à 09h58, par  Daniel Delarasse

Pour tous ceux que le Crédit Social intéresse...je viens de découvrir un site génial (en français et en anglais)

Merci à Jean Grenier qui vient d’entrer dans le JEU et qui nous fais part de son site internet (en construction)
sur : Partageetdistribution.fr.st

Rappelons ici qu’il est l’auteur de deux livres sur L’ESPERANCE ECONOMIQUE,
je mettrai cela bientôt en ligne avec tous les renseignements pour se les procurer.
Amicalement à vous.

Daniel D.

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