Pour le microcrédit à 0%

jeudi 15 février 2007
par Collectif TRANSVERSEL
popularité : 14%

Dans un article d’Alternatives économiques (décembre 2006), Jean-Michel Servet, chercheur à l’I.U.E.D. de Genève, spécialiste de la monnaie, montre que le micro-crédit ne profite pas concrètement aux plus pauvres mais principalement à ceux qui entreprennent déjà : petits artisans, petits commerçants...

Jean-Michel Servet constate que le microcrédit s’est développé aujourd’hui dans de nombreux pays , sans que cela semble avoir une quelconque conséquence sur la grande pauvreté. Il dénonce aussi la confusion sur le terme qui peut cacher aussi bien des aides désintéressées que des usuriers : prêter des petites sommes sur peu de temps, nécessite pour que celui qui prête s’y retrouve, des taux d’intérêts importants (5% par mois n’a rien d’exceptionnel), ce qui profite à celui qui prête, pas à celui qui emprunte.

A propos du prix Nobel de la paix, Mohammed Yunus, Jean-Michel Servet rappelle qu’une étude sur les clientes de la Grameen bank avait montré que 55% des clientes n’arrivaient pas à rembourser les emprunts après un délai de 8 ans, que la course aux remboursements entraîne des sacrifices pour l’alimentation et que le prêt entraîne ainsi de nombreux drames chez les plus pauvres.

Jean-Michel Servet rappelle l’importance des suicides chez les plus pauvres en Inde. Il conseille, pour rester dans la microfinance, d’apprendre aux gens à faire de l’épargne, à trouver des modes de prêts conviviaux, plutôt que d’avoir recours au microcrédit.


A Transversel nous conseillons aussi la création de prêts à taux zéro ou encore mieux la création de monnaies locales !


Commentaires

Logo de Michel HAMON
vendredi 11 décembre 2009 à 09h25, par  Michel HAMON

La question du taux d’intérêts pratiqués est extrêmement sensible pour nous en, France.
Nous avons l’impression que les taux d’intérêts pratiqués sont extrêmement bas sans doute parce que mentalement nous nous référons soit au taux de rémunération de notre épargne soit aux taux de crédits immobiliers :

Mais sait-on quand les taux interbancaires pratiqués en France dits EURIBOR 12 mois sont de 1.29 %, en Septembre 2009 que les banques commerciales sont autorisées (et pratiquent effectivement) des taux de 21.59 % pour des prêts d’un montant inférieur ou égal à 1524 €.

Il est naturel que les taux pratiqués par les IMF soient beaucoup plus élevés car les intérêts rémunèrent l’IMF pour trois prestations complémentaires :

• le coût de l’argent du prêt, l’IMF ayant eu elle-même besoin d’emprunter l’argent qu’elle met à disposition
• le coût du risque et donc du non remboursement de leurs prêts par certains bénéficiaires.
• les coûts fixes supportés par l’IMF qui correspondent aux actions de formation et d’accompagnement du bénéficiaire. Ces coûts sont en général élevés et ne peuvent être mis à la charge que du seul utilisateur final.

De plus les IMF travaillent dans les devises nationales qui sont loin d’avoir la stabilité de l’euro.

Pour exemple, à Madagascar, c’est pour ces raisons que les taux d’intérêt pratiqués par les IMF sont en général beaucoup plus élevés (2.5 à 4 % par mois sont des taux courants) tandis que les prêts effectués par les banques commerciales malgaches qui n’ont pas à se préoccuper de formation des emprunteurs.

Une IMF est obligée de faire supporter l’ensemble des coûts aux emprunteurs dès lors qu’elle poursuit un objectif de pérennisation, impliquant l’autonomie financière

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samedi 21 avril 2007 à 02h45, par  souyakina

le microcrédit est sans conteste un outil de développement et alternative à la marginalisation.
Il n’est pas sans considérer qu’il permet d’engendrer des revenus et d’accroitre un dévellopement à la fois humain et social des populations des plus pauvres.
Mais en lui meme il ne constitue pas un moyen exclusif ni un remède à la pauvreté. Il n’est qu’un outil parmi d’autres. Il n’est pas infallible.
Tout instrument de financement a besoin de perfection pour s’adapter à la pratique et cela ne saurait se faire sans expérience.
Le microcrédit est un très bon système reconnu et recompensé par les Nations Unies à travers Le Professeur Yunus.
Pourquoi le supprimer et le remplacer par un mode des plus empiriques : apprendre aux gens à mieux gérer leur finance et à épargner.
Il convient de rappeler que là où le microcrédit prospère nous avons en face des populations analphabètes et généralement peu disposer à suivre des cours de gestion des finances.
Il serait plus adapté de leur accorder des prets tout en leur inculquant à la fois quelques règles pratiques de dévellopement de revenus, d’assistance et d’assurer un suivi.
Il faut ajouter que le microcrédit n’est pas encore reconnu comme facteur de suicide.

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