Les trois temps ou les trois Sels de la vie :

samedi 5 octobre 2002
par websel
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Le rapport à soi même, le rapport au collectif, le rapport à autrui.

....Les êtres humains sont des lieux d’échanges, ils sont essentiellement dépendants de leur échanges… Si vos échanges s’arrêtent, vous régressez dans l’échelle de complexité, vous n’êtes plus qu’un ensemble de molécules.

Hubert Reeves. dans "L’heure de s’ennivrer"

Le temps, un SEL (Système d’échange local) avec nous même ? Chaque matin nous nous réveillons avec 86 400 secondes versées sur notre « compte personnel du temps ». Comme le dit Huguette Bouttin, chaque soir le solde est éliminé, vous perdez ce que vous n’avez pas su utiliser ! « Vous devez vivre le présent, avec le dépôt d’aujourd’hui, car hier fait partie de l’histoire, demain demeure un mystère, aujourd’hui est un cadeau qu’on appelle Présent ». Cette métaphore d’un compte personnel du temps qui s’évapore chaque jour est intéressante, car le « mourir à soi même » nous rapproche de ce que Confucius disait déjà si bien 500 ans avant Jésus Christ : « Vis chaque jour comme en mourrant tu aimerais avoir vécu ». Si pour l’espèce humaine c’est la conscience de la mort (nous sommes les seuls êtres vivants à enterrer nos morts) qui semble la plus fondatrice de la hiérarchie des valeurs, ce Sel avec nous même qu’est le temps, nous invite à hiérarchiser l’essentiel de l’accessoire dans la relation que nous entretenons avec nous même. Ce temps intime avec nous même est notre principal ressource de « sens ».

Le vaste et anonyme SEL des échanges de marchandises sur la Planète Là il ne s’agit plus de la relation intime à soi même, mais de la relation au collectif. Soit notre temps de travail pour produire des biens et des services que les néolibéraux disent « utiles » quand ils rencontrent une demande dite « solvable » en argent bien sur , ce référent devenu universel des échanges. Ne nous étendons pas sur ce vaste SEL planétaire anonyme, simplement pour dire qu’il produit toujours plus de biens d’usages (nourriture, logements, habits, transports..) de plus en plus mal redistribués par le marché, car ce Sel exclut de sa communauté de plus en plus de personnes dites non solvables . Imaginez qu’à l’assemblée générale de nos SEL locaux, nous exclusions tous ceux qui ont un compte débiteur (soit la moitié !) sous prétexte que nous les jugions incapables de donner à leur tour quoi que ce soit ! Cela ferait du foin ! Rajoutez au fonctionnement de ce SEL planétaire cet effet pervers de la troisième fonction de la monnaie : de faire de l’argent avec de l’argent au delà des deux fonctions primitives de la monnaie que nous utilisons (celle d’être un étalon et un moyen de facilitation de l’échange) : le jeu inégal saute alors aux yeux ! Que dirions-nous dans notre SEL si nous nous échangions chaque jour soixante fois plus de signes ( chez nous des unités Cocagne) que des biens, des savoirs, des services coups de main ? Nombreux seraient alors ceux qui rappelleraient le bon sens : que la richesse c’est l’échange et non la spéculation–inflation d’unités ou de signes, abstractions inventées par les hommes. A quand un débat au sein de ce vaste SEL planétaire sur cette curieuse évolution ou fuite vers les signes virtuels qui ont fait croître les revenus du capital en vingt ans de 22 % tandis que dans la même période les revenus du travail régressaient globalement de 17% ? Au lieu de mettre au centre du débat politique « Quelle type de richesse voulons nous produire ensemble et partager, associé à comment la produire ? » , nous préférons focaliser l’effort collectif sur la croissance des flux monétaires (animés par les banques créatrices de signes monétaires à la place des Etats) dont nous savons qu’ils garantissent de moins en moins un mieux être collectif. Multiplions les accidents de transport, les épidémies et les catastrophes naturelles (réchauffement de la Planète) et nous ferons de la croissance monétaire, puisqu’à entendre les médias chaque matin c’est devenu notre Religion. La pédagogie quotidienne des SEL est de nous apprendre que les unités échangées ne sont que simples repères, un simple « sous-ensemble » qui mesure très partiellement (heureusement !) l’ensemble des richesses de toutes natures que nous produisons par nos échanges. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’argent, redevenu moyen et non finalité ?

La relation à autrui, un autre temps, une autre posture Des trois types de relation qui fondent de tout temps, en tout lieu, toute société : la relation à soi, la relation au collectif, la relation à l’autre, c’est sur cette troisième relation : « la relation à l’autre  » ( même indissociable des deux autres) que l’aventure des SELs et de la vie citoyenne et associative, est la plus riche d’enseignement. En effet en essayant de (re) mettre l’humain au centre de tout échange : « le lien plus important que le bien » nous avons conscience d’aller à contre courant de l’évolution de l’échange contractuel et instrumentalisé du Marché et de l’Etat ! Tout a semblé se passer comme si l’expansion conjointe du Marché et de l’Etat, en nous réduisant (individualisant) à l’état de producteur, consommateur, épargnant, usager, contribuable, avait du même coup balayé toute une richesse anthropologique, écologique, éthique constitutif de notre Humanitude. C’est dans la «  relation à autrui » que la carence de ce que nous appelons notre modernité (nouvelle barbarie ?) semble la plus nette. Quoi de plus difficile que la relation à autrui faisant de l’autre une fin et non un moyen ? Les poètes comme Saint Exupéry dans le Petit Prince parleront d’une posture, d’apprivoisement nécessitant de la durée. D’autres plus inspirés de biologie et de sciences cognitives parleront à propos de relation de « haute technologie de la reconnaissance et du sens souvent pervertie par la peur de l’autre en passion médiatrice d’accaparement et de pouvoir. Les Sels se vivant comme des « réseaux de personnes » de toutes origines sociales, ayant pour finalité l’échange réciprocité, deviennent alors des laboratoires d’apprentissage multiple de la relation à l’autre qui nécessite de la durée. Il n’y a pas besoin de fréquenter longtemps un Sel pour s’en convaincre ! La plus part des associations remplissent aussi le même rôle, mais à la différence des Sel elles ont un objet précis ( la passion de la musique, du sport, du théâtre..) pour médiatiser la relation. Mettre en avant la relation au-delà du cercle de ses frères ou amis proches, est un chantier pas si simple quand on sait que dans toute relation vraie c’est une part identitaire de soi même qui s’expose. Pas si simple quand dans ce pari de la confiance réciproque s’entrecroisent des visions du monde différentes, des espoirs et des souffrances accumulées qui doivent être parlées pour être dépassées. C’est un vaste chantier pour le Sel et sans doute avec les associations sa plus grande contribution et réponse à la béance de lien social et ses gouffres de solitudes sans précédents laissés par l’explosion du marché et de l’Etat caractéristique de la société industrielle. Faut-il laisser aux groupes fondamentalistes, défenseurs d’une seule vérité exclusive des autres , le soin de faire communauté ou fratrie au-delà de la sphère de plus en plus étroite de la famille ou de quelques amis ? Les exemples abondent de la dérive des sociétés qui au nom du marché et/ou de l’Etat ont abandonné la dimension sociale du don et de la réciprocité aux logiques maffieuses enfermées sur elles mêmes (3).

Cultivons la cohérence de nos trois temps. Pour sortir de notre barbarie ne nous laissons pas « enfermer » dans le seul temps collectif :
- notre don de travail associé aux technologies pour produire des richesses de plus en plus destinées aux riches « solvables »,
- notre don de temps aux riches qui n’ayant plus de temps « achètent le nôtre en servitude pour améliorer le leur, sans souci de réciprocité, d’horaire, de rythme, de respiration, de récupération. Pour sortir de notre barbarie, il nous faut inventer un Tiers Temps Choisi, associatif et citoyen , qui améliore la cohérence de nos temps personnels et collectifs, dispersés, éclatés, errants, couteux en usage de notre espace et en déplacements. Pour sortir de notre barbarie d’un monde marchandise pauvre de reconnaissances, il nous faut inventer (à coté des 14 % de temps de travail hors sommeil bien mal partagés sur le temps d’une vie) un Tiers Temps Choisi pour réapprendre la relation à l’autre, le don et la réciprocité, cette alchimie de la reconnaissance et du lien que tant d’années de progrès matériels sous couvert de modernité nous ont fait oublier. Ce tiers temps choisi a besoin d’un revenu monétaire découplé du travail parce qu’il est de l’ordre de l’œuvre : de se créer soi même en aidant les autres à se créer, du bonheur de l’autre qui font mon propre bonheur. Si certains ont voulu à partir de cas particuliers, nous faire croire idéologiquement que nous pouvions confondre temps de travail collectif et temps de l’œuvre, temps contraint subi et temps choisi, l’actualité nous en montre tous les jours le contraire ! Ces temps différents, même entremellés, procèdent fondamentalement de postures différentes. Un choix de société qui fait sens devient alors le revenu monétaire du temps choisi. Prenons le sur la productivité du travail de nos robots machines accaparée par le revenu des riches. Prenons le transitoirement sur l’économie réalisée par la société sur un meilleur partage du temps de travail (cheque du temps choisi partage du travail déjà expérimenté avec succès en France et en Italie). Prenons le sur l’économie réalisé sur notre consommation en bien peu utiles, dangereux pour la vie des autres et notre environnement, prenons le sur les coûts collectifs considérable à la charge de la société dont la source est la béance du lien social et du sens (par exemple l’insécurité). Pour sortir de notre barbarie réapprivoisons-nous à nous même, à nos propres peurs de primates encore bien inachevés au sein de la longue chaîne de la vie. Pour cela nous avons à puiser ces instants du présent, « ces éclairs d’éternités » dans les 86 400 fois une seconde par jours multipliés par le nombre de journées qu’il nous reste à chacun à vivre, sur notre « compte temps personnel » de la vie. Curieux paradoxe du temps que de voir ce temps intime personnel enrichi par la cohérence des deux autres !

François Plassard initiateur de l’expérimentation « université citoyenne du temps choisi », et initiateur du Sel Cocagne à Toulouse fplassar@club-internet.fr

le rapport à soi même, le rapport au collectif, le rapport à autrui.

« Les êtres humains sont des lieux d’échanges, ils sont essentiellement dépendants de leur échanges…Si vos échanges s’arrêtent, vous régressez dans l’échelle de complexité, vous n’êtes plus qu’un ensemble de molécules. Hubert Reeves. « L’heure de s’enivrer »

Le temps, un SEL (Système d’échange local) avec nous même ? Chaque matin nous nous réveillons avec 86 400 secondes versées sur notre « compte personnel du temps ». Comme le dit Huguette Bouttin, chaque soir le solde est éliminé, vous perdez ce que vous n’avez pas su utiliser ! « Vous devez vivre le présent, avec le dépôt d’aujourd’hui, car hier fait partie de l’histoire, demain demeure un mystère, aujourd’hui est un cadeau qu’on appelle Présent ». Cette métaphore d’un compte personnel du temps qui s’évapore chaque jour est intéressante, car le « mourir à soi même » nous rapproche de ce que Confucius disait déjà si bien 500 ans avant Jésus Christ : « Vis chaque jour comme en mourant tu aimerais avoir vécu ». Si pour l’espèce humaine c’est la conscience de la mort (nous sommes les seuls êtres vivants à enterrer nos morts) qui semble la plus fondatrice de la hiérarchie des valeurs, ce Sel avec nous-mêmes qu’est le temps, nous invite à hiérarchiser l’essentiel de l’accessoire dans la relation que nous entretenons avec nous même. Ce temps intime avec nous même est notre principal ressource de « sens ».

Le vaste et anonyme SEL des échanges de marchandises sur la Planète Là il ne s’agit plus de la relation intime à soi même, mais de la relation au collectif. Soit notre temps de travail pour produire des biens et des services que les néolibéraux disent « utiles » quand ils rencontrent une demande dite « solvable » en argent bien sur , ce référent devenu universel des échanges. Ne nous étendons pas sur ce vaste SEL planétaire anonyme, simplement pour dire qu’il produit toujours plus de biens d’usages (nourriture, logements, habits, transports..) de plus en plus mal redistribués par le marché, car ce Sel exclut de sa communauté de plus en plus de personnes dites non solvables . Imaginez qu’à l’assemblée générale de nos SEL locaux, nous exclusions tous ceux qui ont un compte débiteur (soit la moitié !) sous prétexte que nous les jugions incapables de donner à leur tour quoi que ce soit ! Cela ferait du foin ! Rajoutez au fonctionnement de ce SEL planétaire cet effet pervers de la troisième fonction de la monnaie : de faire de l’argent avec de l’argent au delà des deux fonctions primitives de la monnaie que nous utilisons (celle d’être un étalon et un moyen de facilitation de l’échange) : le jeu inégal saute alors aux yeux ! Que dirions-nous dans notre SEL si nous nous échangions chaque jour soixante fois plus de signes ( chez nous des unités Cocagne) que des biens, des savoirs, des services coups de main ? Nombreux seraient alors ceux qui rappelleraient le bon sens : que la richesse c’est l’échange et non la spéculation–inflation d’unités ou de signes, abstractions inventées par les hommes. A quand un débat au sein de ce vaste SEL planétaire sur cette curieuse évolution ou fuite vers les signes virtuels qui ont fait croître les revenus du capital en vingt ans de 22 % tandis que dans la même période les revenus du travail régressaient globalement de 17% ? Au lieu de mettre au centre du débat politique « Quelle type de richesse voulons nous produire ensemble et partager, associé à comment la produire ? » , nous préférons focaliser l’effort collectif sur la croissance des flux monétaires (animés par les banques créatrices de signes monétaires à la place des Etats) dont nous savons qu’ils garantissent de moins en moins un mieux être collectif. Multiplions les accidents de transport, les épidémies et les catastrophes naturelles (réchauffement de la Planète) et nous ferons de la croissance monétaire, puisqu’à entendre les médias chaque matin c’est devenu notre Religion. La pédagogie quotidienne des SEL est de nous apprendre que les unités échangées ne sont que simples repères, un simple « sous-ensemble » qui mesure très partiellement (heureusement !) l’ensemble des richesses de toutes natures que nous produisons par nos échanges. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’argent, redevenu moyen et non finalité ?

La relation à autrui, un autre temps, une autre posture Des trois types de relation qui fondent de tout temps, en tout lieu, toute société : la relation à soi, la relation au collectif, la relation à l’autre, c’est sur cette troisième relation : « la relation à l’autre  » ( même indissociable des deux autres) que l’aventure des SELs et de la vie citoyenne et associative, est la plus riche d’enseignement. En effet en essayant de (re) mettre l’humain au centre de tout échange : « le lien plus important que le bien » nous avons conscience d’aller à contre courant de l’évolution de l’échange contractuel et instrumentalisé du Marché et de l’Etat ! Tout a semblé se passer comme si l’expansion conjointe du Marché et de l’Etat, en nous réduisant (individualisant) à l’état de producteur, consommateur, épargnant, usager, contribuable, avait du même coup balayé toute une richesse anthropologique, écologique, éthique constitutif de notre Humanitude. C’est dans la «  relation à autrui » que la carence de ce que nous appelons notre modernité (nouvelle barbarie ?) semble la plus nette. Quoi de plus difficile que la relation à autrui faisant de l’autre une fin et non un moyen ? Les poètes comme Saint Exupéry dans le Petit Prince parleront d’une posture, d’apprivoisement nécessitant de la durée. D’autres plus inspirés de biologie et de sciences cognitives parleront à propos de relation de « haute technologie de la reconnaissance et du sens souvent pervertie par la peur de l’autre en passion médiatrice d’accaparement et de pouvoir. Les Sels se vivant comme des « réseaux de personnes » de toutes origines sociales, ayant pour finalité l’échange réciprocité, deviennent alors des laboratoires d’apprentissage multiple de la relation à l’autre qui nécessite de la durée. Il n’y a pas besoin de fréquenter longtemps un Sel pour s’en convaincre ! La plus part des associations remplissent aussi le même rôle, mais à la différence des Sel elles ont un objet précis ( la passion de la musique, du sport, du théâtre..) pour médiatiser la relation. Mettre en avant la relation au-delà du cercle de ses frères ou amis proches, est un chantier pas si simple quand on sait que dans toute relation vraie c’est une part identitaire de soi même qui s’expose. Pas si simple quand dans ce pari de la confiance réciproque s’entrecroisent des visions du monde différentes, des espoirs et des souffrances accumulées qui doivent être parlées pour être dépassées. C’est un vaste chantier pour le Sel et sans doute avec les associations sa plus grande contribution et réponse à la béance de lien social et ses gouffres de solitudes sans précédents laissés par l’explosion du marché et de l’Etat caractéristique de la société industrielle. Faut-il laisser aux groupes fondamentalistes, défenseurs d’une seule vérité exclusive des autres , le soin de faire communauté ou fratrie au-delà de la sphère de plus en plus étroite de la famille ou de quelques amis ? Les exemples abondent de la dérive des sociétés qui au nom du marché et/ou de l’Etat ont abandonné la dimension sociale du don et de la réciprocité aux logiques maffieuses enfermées sur elles mêmes (3).

Cultivons la cohérence de nos trois temps. Pour sortir de notre barbarie ne nous laissons pas « enfermer » dans le seul temps collectif :
- notre don de travail associé aux technologies pour produire des richesses de plus en plus destinées aux riches « solvables »,
- notre don de temps aux riches qui n’ayant plus de temps « achètent le nôtre en servitude pour améliorer le leur, sans souci de réciprocité, d’horaire, de rythme, de respiration, de récupération. Pour sortir de notre barbarie, il nous faut inventer un Tiers Temps Choisi, associatif et citoyen , qui améliore la cohérence de nos temps personnels et collectifs, dispersés, éclatés, errants, coûteux en usage de notre espace et en déplacements. Pour sortir de notre barbarie d’un monde marchandise pauvre de reconnaissances, il nous faut inventer (à coté des 14 % de temps de travail hors sommeil bien mal partagés sur le temps d’une vie) un Tiers Temps Choisi pour réapprendre la relation à l’autre, le don et la réciprocité, cette alchimie de la reconnaissance et du lien que tant d’années de progrès matériels sous couvert de modernité nous ont fait oublier. Ce tiers temps choisi a besoin d’un revenu monétaire découplé du travail parce qu’il est de l’ordre de l’œuvre : de se créer soi même en aidant les autres à se créer, du bonheur de l’autre qui font mon propre bonheur. Si certains ont voulu à partir de cas particuliers, nous faire croire idéologiquement que nous pouvions confondre temps de travail collectif et temps de l’œuvre, temps contraint subi et temps choisi, l’actualité nous en montre tous les jours le contraire ! Ces temps différents, même entremêlés, procèdent fondamentalement de postures différentes. Un choix de société qui fait sens devient alors le revenu monétaire du temps choisi. Prenons le sur la productivité du travail de nos robots machines accaparée par le revenu des riches. Prenons le transitoirement sur l’économie réalisée par la société sur un meilleur partage du temps de travail (cheque du temps choisi partage du travail déjà expérimenté avec succès en France et en Italie). Prenons le sur l’économie réalisé sur notre consommation en bien peu utiles, dangereux pour la vie des autres et notre environnement, prenons le sur les coûts collectifs considérable à la charge de la société dont la source est la béance du lien social et du sens (par exemple l’insécurité). Pour sortir de notre barbarie réapprivoisons-nous à nous même, à nos propres peurs de primates encore bien inachevés au sein de la longue chaîne de la vie. Pour cela nous avons à puiser ces instants du présent, « ces éclairs d’éternités » dans les 86 400 fois une seconde par jours multipliés par le nombre de journées qu’il nous reste à chacun à vivre, sur notre « compte temps personnel » de la vie. Curieux paradoxe du temps que de voir ce temps intime personnel enrichi par la cohérence des deux autres !

François Plassard initiateur de l’expérimentation « université citoyenne du temps choisi », et initiateur du Sel Cocagne à Toulouse fplassar@club-internet.fr


Je mets en ligne ce texte de François Plassard afin de débuter la rubrique des textes retrouvés sur la liste de diffusion : textes-sel@clubs.voila.fr J’espère que beaucoup de textes viendront le rejoindre dans les jours qui viennent...

Daniel Delarasse (Websel and CO...)


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