« Je suis pauvre, mais je me bats ! »

samedi 12 avril 2008
popularité : 11%

Elle se déplace avec une « chariote ». Ses enfants ont donné ce drôle de nom au déambulateur sans lequel, elle ne peut plus marcher. Fabienne Jouvet a 47 ans, cinq enfants, une tumeur au cerveau et des problèmes de thyroïde. Reconnue invalide à 100 % par la Sécu, elle touche une pension de 630 euros. Avec ça et 700 euros d’allocations familiales, elle fait vivre sa famille. Survivre. Mais voilà, Fabienne Jouvet déteste Zola.

Elle vit à Tabanac, une petite maison en contrebas de la route où le linge sèche au milieu de la salle à manger. La cheminée a mangé le plafond, la tapisserie date des années 70. Elle paye de sa poche 300 euros par mois. Sur les cinq enfants, trois sont encore à la maison. La petite dernière, âgée de 12 ans, atteinte d’une maladie des bronches est hospitalisée à Font-Romeu, à l’année. « Je vais la voir dix jours par mois, elle est petite, elle a besoin de moi », s’excuse Fabienne.

« J’ai pas choisi ça ». Flash-back. Fabienne jeune femme dynamique, secrétaire commerciale dans une banque en CDI est victime d’un accident. Rupture ligamentaire du poignet. Son patron la licencie pour inaptitude au travail. Et les ennuis s’enchaînent.

« On vivait plutôt bien avant, se souvient-elle. Je touchais environ 1 200 euros par mois, à temps partiel. Avec les « allocs » ça suffisait. J’étais seule avec les enfants, mais c’était un choix et j’assumais. En revanche, ce licenciement a provoqué chez moi, une grosse colère. J’étais révoltée. C’était en 2001. »

Fabienne envoie un mail collectif à différentes associations, des médias, des personnalités de la vie publique, des gens. Elle y exprime son sentiment d’injustice et raconte la situation. Elle est au bord de la précarité, dans une vie qu’elle n’a pas choisie. N’arrive pas à se retourner. « Il y a alors une dynamique incroyable derrière mon mail. Les gens répondent, tous plus en colère les uns que les autres. Le réseau des Sans Rien voit le jour, raconte-t-elle. Ce réseau n’est pas seulement là pour donner une tribune aux démunis, mais leur permettre de se sortir de situations compliquées. Comment ? En échangeant nos tuyaux. Nos compétences, nos expériences. Ainsi, il a fallu changer une machine à laver en panne, je n’avais pas les moyens. Un autre, m’a indiqué où en trouver une d’occasion et me la faire livrer. C’est le système D. »

On trouve aussi grâce à Sans Rien des renseignements administratifs, on apprend comment se défendre face à une expulsion ou trouver un nouveau loyer : le Réseau est informel. Pour y adhérer, il suffit de s’inscrire. « Nous sommes 3 000 en France à ce jour », précise Fabienne Jouvet.

Reçue par Borloo. Fabienne a même été reçue dans le cabinet de Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’emploi, en 2004. « Tu parles Charles ! Il voulait m’annoncer les nouvelles mesures de lutte contre les expulsions. Genre : avant tout le monde. Coup de com’. Je ne suis pas dupe. J’ai juste été utilisée pour servir de médiatrice auprès des Sans Rien. »

En 2007, nouveau coup dur pour Fabienne. Elle éprouve de plus en plus de mal à se déplacer, les médecins lui décèlent une tumeur au cerveau, non opérable. Elle doit vivre avec. Se déplace en déambulateur, sa vision est altérée. La voilà invalide à 100 %, avec une allocation de 630 euros et plus d’espoir de retrouver un boulot. À la maison, les choses se compliquent encore davantage. Les trois enfants sont scolarisés et l’argent manque.

« Je n’ai pas fait exprès de tomber malade, rage-t-elle. J’en ai marre de survivre. J’ai pas choisi de vivre cette vie-là. Être malade aujourd’hui en France, est-ce un délit ? Où ai-je fauté ? Nulle part. J’ai travaillé, j’ai eu cinq enfants, je suis une bonne mère. Je paye mes traites, je dis bonjour à la dame et j’ai jamais volé personne. »

Un mauvais film. Avec 1 300 euros par mois, Fabienne peut payer son loyer, de quoi se chauffer en hiver et nourrir ses enfants. « Pour les chaussures neuves, il faut attendre le mois prochain, puis encore le mois suivant. Pareil pour les vêtements. Quand ils veulent 15 euros pour le cinéma et du pop-corn, c’est non. Car je les garde pour acheter à manger. ça me fait mal. Je voudrais juste finir d’élever mes enfants dans de bonnes conditions, sans gratter de tous côtés pour finir le mois. On vit un mauvais film. Personne n’est à l’abri d’une maladie, d’un accident de la vie. Or, la société d’aujourd’hui ne nous protège pas, ne laisse pas le droit d’être malade, faible. »

Le Réseau des Sans Rien qu’elle anime et défend permet à Fabienne Jouvet de conserver un statut de femme active. Qui joue son rôle de citoyenne « même handicapée, même sans boulot je ne donne pas à la société le droit de me rayer, de m’anéantir. »

Elle envoie ses mails vers le ministère, comme autant de bouteilles à la mer. « Un SMIC pour les handicapés, histoire d’oser un projet de vie. Au-delà de la survie. Je me bats déjà pour tenir debout ? »

Adresse internet de l’association des Sans Rien : SansRien33@aol.com ou jouvet33@aol.com


Source : Sud-Ouest 8/4/8


Commentaires

Logo de maxime
samedi 16 janvier 2010 à 13h04, par  maxime

bonjours je m apelle maxime j ai 11 ans j aimerais bien aider les gens en difficultes car je trouve pas juste que des gens on des belle vie et d autre non je voudrait vous aider car sa ne dois pas etre facile tout les jour je suis content que vous vous battier c est tres courageux j espere qu un jours vous aurer une belle vie je suis tres triste pour vous

tribout maxime

Logo de NARJES.
mercredi 23 décembre 2009 à 18h50, par  NARJES.

Bonjour,J’ai 37 ans divorcee et j’ai une fille de 9ans je touche le REM 572 PAR MOI j’ai une ernidiscale et de l artrose cervicale je ne peux travailler depuis 2005 j’ai ete eberger chez differente personne de la famille j’en aie souffere moi et ma fille je viens d’avoir un logement et c ’est trop dure avec toutes les factures cela fait 2ans que je n’ai pas vue ma mere en algerie elle est cardiac je n’ai pas les moiyeins de voiyager et j’ai plus de 2500euro de dettes de part tous a cheque foie je me fais pretter et maintenant tous le monde me reclame son argent je ne sais pas quoi faire je n’arrive pas je vous jure j ’ai ecris à mainte fois au recteure de la mosquee de paris 5 sans aucune repence je suis RMISTE donc je n’ai pas le droit de faire un pret bank donc je lui aie demander s’il exister des gents riches qui pouvaient m’aider d’une somme de 3000 euro et je rembourserai juste 50euro par mois je ne pourais pas plus ils existe bien des gents qui aident et qui ne veullent meme pas que ca se sache ils font ça pour dieu et moi je ne demande pas la charité je veux juste qu on m’aide parce que je vous jure que je suis au bord de la dérive je n’en peux plus y-aurai-t-il des personne qui voudrai m’aider mais je ne peux rembourser que 50euro par mois l immam musulement n’a meme pas rependu a mes lettres excuser moi peut etre que je ne sais pas m’exprimer mis seule dieu sait dans qu’elle situation je me trouve aidez moi svp.Merci d’une comprehention j’espere avoire de l’aide.

Logo de ANNIE
lundi 5 octobre 2009 à 22h46, par  ANNIE

Bonsoir,
je viens de tomber sur votre article, vous êtes quelqu’un d’exemplaire et de courageux, vous êtes une battante, n’oubliez pas l’essentiel est inviscible pour les yeux..
Gardez la tête haute, courage..Je travaille dans le secteur social, si je peux vous aider, conseils démarches ou autres faites vos demandes n’hésitez pas..
Et pourquoi pas une antenne à STRASBOURG, peut-être qu’elle existe déjà..
A bientôt
Annie

vendredi 7 août 2009 à 00h43

je suis au rmi je n’ai plus aucun droit, ce qui m’a mis dedans c’est ma fichu dépression j’ai tout laisser tomber boulot etc

l’argent ne me manque plus donc pas motivé pour m’en sortir,

Logo de choupette59
lundi 23 février 2009 à 17h36, par  choupette59

Bonjour, je vous trouve courageuse. Moi et mon mari nous galérons depuis 17 ans, avec nos deux loupiots de 3 et 10 ans. Actuellement, mon mari fait des petites missions d’intérims (il touche les ASS depuis bientôt 1 ans) et moi j’ai arrêté de travailler pour élever notre fils qui a des soucis de santé. Je viens juste de retrouver un CDD d’un an à 22 h/sem. C’est l’horreur au quotidien un jour sur 2 c’est soit patates soit pâtes, la viande, rare sont les mois ou je peux en acheter, les légumes c’est en boite, et les loisirs, quelle blague !! Nous avons souvent le moral à zéro. Il faut compter chaque jour, choisir quelle facture en 1er payer, ou alors garder 30 €/sem pour se nourrir. Nous n’avons pas droit à la CMU, ni Resto du coeur, car nos revenus sont limites au plancher pour en bénéficier, parfois ma mère nous aide, mais c’est difficile aussi pour elle. Parfois je n’ai qu’une envie c’est de tout laisser tomber... Le + difficile est pour notre fille ainée qui doit attendre les soldes ou les fêtes ou anniversaires pour avoir des nouvelles choses et encore on groupe l’argent récolté qu’elle a à ses oncles et tantes pour pouvoir lui faire plaisir !! que va t-on devenir ??
Si quelqu’un a des solutions, qu’il nous le dise car vraiment chaque jour est plus difficile que la veille !!

mardi 13 janvier 2009 à 11h45

"bonjour,

Je suis pauvre et trè intéressée par ton réseau de résistance contre la misère... Il me reste juste deux patates et un chamallow pour finir le mois avec mes filles, aidez moi vous qui résister aux pauvres ou plutôt pour les povres. Ji soif et fin...je crive la dal Grosses amitiés louloute et ses fifilles."

"Ji soif" ? "je crive la dal" ? franchement si c’est une mauvaise blague pour se moquer des gens démunis ça n’est pas très fair-play !

"Il me reste juste deux patates et un chamallow" ? Vous pensiez vraiment que les réels démunis ne vous démasqueraient jamais ?

Ceci est chose faite merci d’écrire sur ce forum uniquement si vous êtes dans le besoin. Un profiler veille sur le forum...

Bon courage à tous !

samedi 1er novembre 2008 à 16h11

bonjour,

Je suis pauvre et trè intéressée par ton réseau de résistance contre la misère...
Il me reste juste deux patates et un chamallow pour finir le mois avec mes filles, aidez moi vous qui résister aux pauvres ou plutôt pour les povres.
Ji soif et fin...je crive la dal
Grosses amitiés
louloute et ses fifilles

Brèves

4 septembre 2012 - Parce que la culture doit appartenir à tous ... Partageons-la !

J’ai trouvé ça, pour les mirauds, les pressés, les fainéants, et ceux qui écossent les petits pois (...)

1er septembre 2012 - Créer votre infokiosque dans vos SEL...C’est facile et c’est un moyen unique d’informer.

Qu’est-ce qu’un infokiosque ? article mis en ligne le 15 août 2003sur le site d’Infokiosque.net (...)

25 février 2011 - L’association TAOA

Transversel , les a rencontrés lors des rencontres d’été de Jambville, et depuis nous avons eu des (...)

22 septembre 2009 - SUISSE : la dissolution de l’association TROC-Actif

C’est avec regret que nous apprenons la dissolution de l’association-amie de Transversel depuis (...)

27 mai 2008 - La Gazette SPIP : le numéro 2 est paru...

Huit pages d’enquêtes, de reportages, de brèves, de portraits, d’amour et toujours sans une seule (...)