Un angle monétaire en vue de développer l’Esperanto (eo).

By M. Portal
lundi 9 mars 2009
par Collectif TRANSVERSEL
popularité : 7%

Vers une création publique de la monnaie

Le pouvoir de battre monnaie a toujours été le pouvoir du roi. En démocratie ce pouvoir revient aux peuples, à leurs représentants*. La création publique de monnaie, exercée en apparence par les banques centrales est en réalité remise à des banques privées qui produisent une circulation monétaire folle - plusieurs dizaines de fois supérieures à l’échange réel de biens et de services -. Par ce biais elles endettent tous les états, même les mieux gérés et disposent de liquidités géantes qui leur permettent d’acheter indûment entreprises et marchés. La terre n’est pas infinie, la monnaie ne peut l’être. Le système a explosé avec un cortège de drames qui n’est pas terminé pour des millions de personnes. La tendance est maintant inversée : déflation mais l’exploitation va continuer si nous laissons faire. Comment réguler le futur système monétaire mondial du G20, planétairement ? continentalement ? nationalement ? localement ?. La lutte ne peut pas être uniquement individuelle, plusieurs présidents américains ont été assassinés pour s’être attaqués au monstre.

Au niveau quasi mondial

Qui frappe monnaie ? La FED.

Mais derrière cette banque aux allures publiques se cache un cartel de banques privées prenant intérêts et dirigeant en sous-main la politique des USA, en accordant ou refusant le crédit ici ou là, en "diversifiant" les taux d’intérêts des prêts de façon tendancieuse.

La crise financière actuelle pourrait démasquer le cartel mais bizarrement les médias n’en disent mot...

Prudente la FED a réduit ses intérêts à quasiment zéro actuellement ! Subite vertu ou crainte de retour de flamme ?

Que les Etats-Unis continuent avec la FED telle qu’elle, est leur affaire mais mondialement ça ne peut durer. Un G20 a pris l’initiative de forger un nouveau (?) système monétaire. Les tractations sont en cours.

Manifestons, veillons, surveillons et proposons* en vue des 19 et 20 mars à Bruxelles et jusqu’au 2 avril à Londres pour des décisions équitables (?). Ayons présent à l’esprit que c’est l’inéquité économique qui gonfle tragiquement les flux migratoires. L’argent n’est pas une malédiction, mais une invention souvent pratique, de responsabilité strictement humaine.

Première remarque : pour gagner en crédibilité, le G20 aurait besoin d’être étendu.

Pourquoi pas à tous les pays de l’ONU ? Certains humains seraient-ils moins humains que d’autres ?

Européennement

Quid de la BCE (comme la FED ses taux baissent) ?

De la zone euro ? Pourrait-elle devenir exemplaire en matière de création de monnaie ?

Nous ne voulons ni d’une “planche à billets” irresponsable, ni d’intérêts sur les prêts au profit d’intérêts privés qui endettent même les états vertueux.

Au coeur : la suppression de l’article 123 de Lisbonne (ex 104 de Maastricht) interdisant les emprunts d’un état à sa propre banque centrale s’impose. Il y a des élections européennes en juin, nous, citoyens, pouvons poser des questions aux listes en lice. Aux partis d’être clairs sur leur option "monnaie".

Mettre la création de la monnaie et les banques centrales sous autorité publique* n’implique pas de nationaliser toute la banque.

Les banques privées ont leur place, mais pas dans la création de monnaie. Comme les autres entreprises, publiques ou privées, elles seraient inspirées de ne pas penser qu’à leurs actionnaires. De gré ou par la loi, elles devront faire place à leurs acteurs et à leurs clients devenus rapidement partenaires.

L’argent simplifie beaucoup les échanges, mais il ne "travaille" pas !

Personnellement

A cause de la crise, j’ai remis en cause mon ancienne banque au profit d’une petite banque coopérative (20 000 sociétaires en 20 ans). Dans cette banque, l’échelle des salaires entre le moins payé et le plus payé de l’entreprise va de 1 à 3.

Quelle que soit la somme que tu prêtes, tu as droit à une voix et une seule aux conseils. Plusieurs banques dans ce style existent en Europe.

Regroupement des banques honnêtes ? De vraies coopératives ? Création de crédits locaux partout ?

Il faut ensuite que les orientations justes durent ! Après la seconde guerre mondiale, de jeunes banques dynamiques s’étaient lancées sur des bases coopératives. Nous avons eu les "Trente Glorieuses", mais depuis, ces groupes ont perdu et leur cap et maintenant leur honneur.

Contrôler, surveiller sonnent mal. Le problème d’actualité pour la démocratie me semble pourtant être celui d’une vérification citoyenne des banques (centrales et autres).

Et un problème d’imagination** : pour qu’elles deviennent créatrices d’une monnaie orientée le bien commun avec un crédit ouvert par principe à tous. Démocratie signifie droit de vote à tous, mais aussi que chacun compte pour un (démocratie économique).

Un homme, une voix comme on disait, est capable de donner les meilleurs chances à "ce qui est juste". Dans les entreprises les plus diverses et dans les conseils de banques, aussi.

* Il y a une occasion historique de commencer à séparer "pouvoir constitué" et "pouvoir constituant" confondus jusqu’à présent. Ceux qui écrivent constitutions, règles et lois sont ceux qui en bénéficient le plus. Ils sont trop souvent juges et parties ; hum ! Les "pouvoirs constitués", tous nos actuels élus, ont déjà plus de pouvoirs qu’ils n’en peuvent vérifier. Aussi tout nouveau pouvoir, celui de faire évoluer une constitution par exemple ou la banque, sera mieux assuré en d’autres mains : un pouvoir constituant. Les pouvoirs constituants pourraient être attribués à des assemblées formées de citoyen-nes volontaires, tirés au sort et s’engageant à rester non-candidats lors d’élections consécutives à cet exercice. A ces braves - honnêtement défrayés et assurés de retrouver leur emploi - on ajouterait des hommes et femmes politiques élus par leurs pairs (avec parité homme femme)... Un peu sur le modèle des jurys d’assises qui mêlent 9 jurés décideurs tirés au sort, représentants du peuple et 3 juges pros (ne votant pas mais là pour éclairer les jurés). Evidemment les débats seraient publics et nul n’aura un second mandat. Dès maintenant, rêve et imagination aidant l’atterrisage de l’utopie, rien n’empêche chacun de participer à la réflexion, aux débats et à l’écriture de nouvelles règles bancaires et de constitutions viscéralement démocrates.

**Dans un monde où tout passe, évolue et se transforme, pourquoi l’argent, seul, serait-il permanent ? L’argent ne doit-il pas "rouiller" perdre progressivement sa valeur pour empêcher l’avarice thésaurisatrice et manipulatrice. Pas trop vite pour permettre des projets à long terme. Une date limite de validité comme les autres produits ? Pourquoi-pas ? Les billets s’approchant de leur date de péremption pourraient être négociés auprès des banques centrales et de leus conseils...en fonction du projet visé. Est-il vraiment social ? écologique ?


Cordialement et polycitoyennement

Michel Portal 41 rue du Château F 56400 Auray Breizh / France / Ewropo

Vous pouvez aussi répondre dans le forum ci dessous. (le Collectif) michel.portal2@wanadoo.fr


Commentaires

Logo de josyrielle
mardi 21 avril 2009 à 13h44, par  josyrielle

Saluton Michel d’Auray !

Ex et future esperantiste convaincue, voilà l’un de mes paradoxes.

Ecologiste dans l’âme, pas militante, je souhaiterais en savoir plus sur la connection SEL et Esperanto...

A bientôt, gis,
Josy en francilie

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