ARGENT. Encore l’argent...et la politique.

By Michel Portal
lundi 8 juin 2009
par Collectif TRANSVERSEL
popularité : 1%

Mais je viens direct sur l’argent.

En fait le véritable chef est celui qui dirige les flux d’argent. L’argent colonise le politique comme il colonise le religieux : presqu’à son gré. D’où l’idée de constituer un contre-pouvoir venant d’une source non-cléricale et non-politicienne pour arraisonner l’argent...

Le politique (toutes tendances confondues) et le religieux (toutes croyances et incroyances considérées) résistent mal à l’argent. L’argent les rend largement inopérants. Plus ça change, plus c’est la même chose est un constat multiséculaire pour le religieux et de plus en plus évident pour le politique. Socialement politiques et religions ne vont pas dans le bon sens durablement, tant les individus actifs "de passage" et fragiles échouent à renouveler des institutions trop bien établies. Restons positifs : ce qui peut être fait côté politique ou par voie religieuse est "bon à prendre" pour notre évolution humaine. Mais, pour domestiquer l’argent et par suite, le crédit, les projets et l’avenir social, explorons une autre voie.

Maîtriser l’argent (version 2.1) Agripper la chaîne bancaire sur toute sa longueur

La fonction bancaire est nécessaire, mais son fonctionnement a besoin d’une conversion pour intégrer par exemple le fait que, grâce au travail inventif des générations nous sommes passés de la rareté économique à une abondance potentielle. Tout le monde assez lucidement répète que "l’argent est le nerf de la guerre" et c’est trop souvent une réalité. Comment en sortir ? Comment faire de l’argent non plus le tueur mais le "sang" nourricier du lien social respectueux de l’écologie et plus précieux que l’or ? Comment le bien commun peut-il gouverner le système monétaire ?

Généralement privés de formation financière pendant les douze années d’école de base et ensuite, nous restons "illettrés" d’un argent pourtant quotidien, transculturel et de création strictement humaine. Subjugués par sa complexité intentionnellement maintenue. Ou méprisant un phénomène étriqué quand la vie est si courte... Des tenants du système monétaire en place, pétris des mauvaises habitudes transmises, utilisant la panoplie des techniques modernes, abusent, spéculent et jouent un rôle sectaire dans une position de colonisateur - peut-être inconscient - mais intolérable. Un "on" anonyme enrichit les plus riches et accable les plus pauvres. C’est cela qu’il faut faire cesser au plus tôt.

Certes l’argent n’est pas tout ! mais l’argent gouverne l’économie. Il importe donc aux citoyens de gouverner l’argent. Sa maladie se marque par l’injustice des crédits vendus aux divers personnes, aux états, communautés et diverses collectivités. Elle se résume en un manque de liquidités.

Injecter des milliards de dette publique dans un système non-remis en cause en profondeur, insuffisamment élargi à 20 pays (sur 192), "auto-régulé" par des instituts professionnels de contrôle des marchés qui ont déjà failli, et pour innovation lorgnant vers le rétablissement d’un étalon-or obsolète (abandonné depuis 1971), nous paraît presque reproduire le très mauvais chemin qui a conduit de la crise de 1929 au second conflit mondial.

Si des manifestations populaires sont nécessaires et utiles à condition de rester non-violentes et imaginatives, elles demeurent non-formatrices des participants. Insuffisantes, comme le reste du politique, pour obtenir un changement vers l’honnêteté et la justice.

L’idée est d’abord de perfectionner ce qui s’est déjà fait de mieux dans l’histoire monétaire. Sans or après 1939-45, la banque centrale de RFA qui avait connu l’absurdité de l’inflation galopante (1920), a forgé une monnaie (le DM) sans valeur par elle-même au départ. Pas de garantie, mais honnête. Elle a ainsi démontré que la valeur d’une monnaie ne réside pas dans son or, mais dans la confiance qu’elle répand parce qu’elle la pratique.

La création de la banque centrale européenne (BCE) a depuis désarçonné ce début de culture. Cette culture survit dans de nombreuses "petites" banques de l’Europe et d’ailleurs. La Deutsche Bank, malgré un rapport ne condamnant pas les monnaies locales (regiongeld) n’a pas été jusqu’au bout de la confiance en ne prenant pas l’initiative d’un soutien populaire ; poli mais ferme.

C’est pourquoi nous espérons logiquement aller plus loin grâce à l’organisation d’un tel soutien. Soutien augmenté de la force que constitue les éléments les plus honnêtes des travailleurs de la banque, souvent écoeurés par certaines pratiques. Et soutien éclairé par des travailleurs des impôts délégués par leurs collègues.

La modernité et l’efficacité bancaire se confondent avec l’honnêteté. Une banque fiable a besoin d’être indépendante des gouvernements et des partis, indépendante d’intérêts privés facilement usuriers et dépendante d’un regard public.

Pour obtenir une gouvernance correcte des activités bancaires, aider citoyens et banquiers citoyens à devenir plus lucides sur implications et conséquences de la monnaie, nous devons faire naître puis constituer un nouveau pouvoir.

Celui-ci ne peut émaner de politiciens non-élus, mal élus, contaminés par l’argent et, de plus, souvent surchargés de travail par cumuls de mandats

Chaque institution bancaire (mondiale, d’état, commerciale ou mutuelle) serait gouvernée par un conseil constitué :

- en majorité de citoyens (de clients ou de sociétaires) tirés au sort publiquement, acceptant cette charge et renonçant à tout autre mandat électif. Le tirage au sort permet d’échapper à des élections classiques vite contrôlées par l’argent. Le nombre de conseillers sera à déterminer en fonction de l’importance de l’établissement.
- complétés par des spécialistes de la banque élus par leurs collègues de travail
- et par des experts des impôts élus de même par leurs collègues.

Ce conseil bancaire n’est pas utopique. Il s’inspire des jurys d’assises. Pour rendre la justice au nom du peuple, des jurys unissent une majorité de citoyens tirés au sort (9) avec des juges professionnels (3). La formule résulte d’un cheminement historique. Elle permet à la justice d’échapper à la routine comme à des élections douteuses et sans fin. Le mixte amateurs-professionnels permet d’éviter deux écueils repérés : les tribunaux d’exception (jurys exclusivement professionnels) ou révolutionnaires.

Les jurys d’assises sont amenés à juger d’affaires humaines extrêmement difficiles (la capacité du citoyen-ne démontrée) qui valent bien en complexité les problèmes monétaires résumables à des additions et des soustractions. De par la loi, chacun-e de nous peut un jour ou l’autre être convoqué...

Le "bien commun financier" pourrait utiliser ce type de pouvoir issu du sort. Il n’exclut pas a priori, chacun-e est potentiellement concerné. Cela a des effets mentaux d’anticipation, de préparation et de formation populaire (donc scolaire), afin de guider plus sagement le système monétaire et crédit ; de l’individuel au global.

Il faudrait commencer par une application ciblant les banques centrales et les institutions financières mondiales via l’ONU... Mais vue l’incertitude actuelle du chemin, constatons qu’il existe des citoyens mais aussi des banquiers et des fonctionnaires des contributions ayant une volonté éthique.

Ces banquiers s’engagent par exemple sur des grilles de salaire internes compatibles avec la dignité humaine dans leur établissement. Les conseils bancaires pourraient prendre pied chez eux sur la base d’un volontariat expérimental.

Avec la crise et ses prises de conscience, on pourrait espérer des basculements de clientèle lucide vers les banques cherchant à s’amender (contagion vers le mieux). Nous pouvons les prendre au piège de leurs pubs. Intérêts privés et intérêt général ne sont pas automatiquement contraires même s’ils doivent être ordonnés.

Chez d’autres banquiers l’avancée se fera par la loi suite à des manifestations conduisant à des pourparlers entre direction de la banque et représentants des usagers associés.

Dès à présent, allons voir nos banquiers en délégation comme nous allons voir nos élus politiques. Non pas individuellement mais en équipes polies mais fermes. Du local au mondial des banques centrales. Imagination bienvenue.

Rappelons aux banquiers que l’argent déposé dans les banques est notre argent personnel ou celui de colllectivités et non le leur. Celui qu’ils prêtent ? ils ne l’ont peut-être pas encore et c’est notre activité (et la leur un petit peu) qui le crée. Cordialement et polycitoyennement Michel Portal


Pour contacter notre Ami Michel...Et aussi vous pouvez réagir ci-dessous à son article. Merci d’avance Le Collectif Transversel.

Michel Portal 41 rue du Château F 56400 Auray Breizh / France / Ewropo / Planedo tera michel.portal2@wanadoo.fr


Commentaires

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samedi 20 juin 2009 à 16h21, par  webduweb

Depuis plus de 30 ans, l’argent ne vaut plus rien : ce n’est qu’une unité de change. Les vraies richesses sont les biens, les sources d’énergie, et le travail. Autrefois, il y avait des pièces en argent ou en or, mais c’est fini : nos pièces et notre papier-monnaie n’ont aucune valeur, c’est juste pour pouvoir échanger !!! Il y a longtemps que le dollar n’est plus indexé sur l’or, et qu’il n’est plus garanti par l’Etat US. L’euro vaut-il quelque chose ?
Je ne le pense pas. L’économie européenne est mal en point et la BCE ne garantit pas d’échanger vos euros pour de l’or, sinon pour vous refiler des dollars qui ne valent rien, là... Compris ?

Logo de libérons la monnaie
lundi 15 juin 2009 à 09h34, par  libérons la monnaie

Nous appelons les Etats à porter plainte contre les banques
pour prise illégitime d’intérêts sur la monnaie.
Une loi doit garantir le contrôle public des banques, pour une monnaie sans intérêts.

Autrefois, toute monnaie papier correspondait à une quantité équivalente d’or dans les banques.
Pour ce service de gardiennage de l’or, les clients donnaient des intérêts au banquier.
La monnaie n’est plus convertible en or ET POURTANT, les banquiers prennent encore des intérêts.
Ce faux monnayage provoque des crises mondiales d’endettement.
Endettés, les Etats réduisent les services publics, les entreprises font faillite

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents. » Maurice Allais, prix Nobel d’économie.

On ne met pas de timbre sur un courrier électronique, MAIS ALORS…
Pourquoi payer des intérêts sur la monnaie électronique ?

Quelque soit le support, la monnaie revêt des chiffres et des lettres réglementant les échanges « acheteurs-vendeurs. »
Supports et transports virtuels rendent gratuits monnaies et courriers dématérialisés. Or et papier deviennent inutiles.
La monnaie électronique est une grande invention. Sans elle, nos échanges seraient très difficiles. Pourquoi ?
Parce que l’or des banques ne correspond qu’à 1 % des biens et services circulant sur la planète sur une année !

Les banques privées créent 92% de la monnaie en circulation…sur ordinateur
Cette monnaie est électronique, des chiffres et des lettres créés sur écran, ex nihilo (sans équivalent or).
Les billets en papier, les pièces en métal vulgaire ne représentent que 8% de la monnaie en circulation.
.
Les intérêts ? Un péage illégitime sur les échanges, ce qui élimine massivement les petits producteurs.
Les banquiers facilitent les crédits pour des gadgets ou des armes très rentables pour leurs actionnaires.
Mais répondant à des besoins vitaux, des petites productions disparaissent par refus de crédit bancaire.
En moyenne, 33% d’un prix payé par le consommateur correspond aux intérêts répercutés par les investisseurs.
En moyenne, nous travaillons, le tiers de notre temps pour des lignes d’écritures sur ordinateur.
Ce qui coûte cher, c’est le temps perdu à travailler gratuitement pour les banquiers et les financiers.

D’un côté, on doit travailler pour payer les intérêts, de l’autre, les machines nous libèrent du travail.
Cette contradiction reflète une crise de civilisation qui exige l’abolition des intérêts sur l’argent.
Pareils à des fonctionnaires interdits d’enrichissement personnel, les banquiers devraient servir l’intérêt général.
Ils ne seraient plus payés en fonction d’un pourcentage pris sur les richesses produites par les clients
Les banquiers seraient payés en fonction de leur travail : création monétaire, ouverture et suivi des dossiers.
Aux USA, de 1861 à 1865, Lincoln fit chuter la pauvreté en imposant la monnaie sans intérêts.

Libérées du poids des intérêts (la dette), des régions sortiront de la misère, des productions locales renaîtront
L’endettement des particuliers, des entreprises et des Etats disparaîtra.
Les services publics se développeront en fonction du remplacement des hommes par les machines.
Cette loi pour la fin de l’endettement par les intérêts est une première étape d’une absolue nécessité.
C’est le point de départ de la construction d’une économie respectueuse des êtres humains et de la planète.
Libérons La Monnaie (Nantes-Le Pellerin) http://www.liberonslamonnaie.blogsp...

PREMIERS SIGNATAIRES
Alain Vidal (économiste émancipé), Ernest Barreau (retraité du bâtiment), Rémy Drouet, (ajusteur retraité) Annie Mothes (enseignante), Isabelle Antoine (enseignante), Annette Hamon (éducatrice spécialisée), Claude Ravaud (Auteur compositeur interprète). 23/02/09
PETITION
Je soussigné(e), appelle les Etats à porter plainte contre les banques pour prise illégitime d’intérêts sur la monnaie. Une loi doit garantir le contrôle public des banques pour une monnaie sans intérêts, une monnaie d’intérêt général.
Signature, cliquez sur le lien ci-dessous :
http://www.petitionduweb.com/PLAINT...

Pour être informés, inscrivez-vous sur notre liste de diffusion, écrivez nous à : vidal.mothes@wanadoo.fr

Logo de marco
lundi 8 juin 2009 à 22h24, par  marco

Bonjour à toustes,

merci à Michel Portal pour son texte sur l’économie, mais je trouve ce dernier assez flou et en tous cas dans ce que je suis arrivé à comprendre, beaucoup trop timide.

Par exemple perso je vois pas l’intérêt de dialoguer avec des banquiers qui ont pour mission de remplir les poches de leurs actionnaires.

J’irai pas jusqu’à réclamer leur tête, mais en tous cas à mon avis faudrait leurs retirer complètement et définitivement ce pouvoir de création monétaire qu’ils ont volé aux citoyens.

Je pense qu’il serait plus judicieux de supprimer purement et simplement le système des prêts avec intérêts pour le remplacer par un système de prêts avec ZÉRO intérêts, et surtout pas confié à des banquiers privés qui, comme c’est le cas maintenant, "inventent" l’argent (*).

A mon avis les prêts aux particuliers doivent se faire par l’intermédiaire de l’état, suffit pour ça de supprimer les impôts et de reconvertir les percepteurs actuel en donneurs de crédits, au moins ils serviront à quelques chose autrement plus utile que les boulots complètement inutile qu’ils font actuellement en collectant des impôts, comme par exemple les impôts sur le revenu qui vont directement dans la poche des grands financiers qui ont, au fil des ans, arnaqué l’état en lui "prêtant de l’argent"... (40 à 50 milliards collectés pour les impôts sur le revenu, 40 à 50 milliards payés par l’état en intérêts versés pour le « service » de la dette à des parasites qui ont « inventés » l’argent à la place de l’état...). Alors que l’état aurait très bien pu « inventer » cet argent lui-même... sans aucune espèce d’intérêts.

Bon j’aperçois au loin des incrédules qui me diront « si on supprime les impôts, on pourra plus réparer les routes et financer les écoles »...

Je répondrais d’abord que c’est faux, il suffirait que l’état « invente » de la monnaie pour les grands travaux et pour les payes des enseignants (encore que l’école telle qu’elle est organisée, il y aurait beaucoup à dire, mais bon c’est pas le sujet).

Ensuite si on a peur de voir trop d’argent en circulation, produisant une relative inflation, déjà on peut confisquer les fortunes qui dépassent le million d’euros, à mon avis c’est indécent de posséder plus d’un million d’euros quand la plupart d’entre nous galèrent à travailler comme des esclaves pour toucher un petit smig...
Après pourquoi pas certains impôts, mais pas sur le travail, plutôt par exemple sur la consommation des produits de luxe ou les produits polluants...

Bon mais comme tout ça est difficilement réalisable dans l’immédiat du fait que la plupart de mes concitoyens sont anesthésié par la télé et le manque d’information à ce sujet, à mon avis le mieux est de continuer à créer des SEL (systèmes d’échanges locaux) et d’encourager les gens à fonctionner avec un carnet d’échange personnel.

Le jour où plus de 10 % de la population aura des carnets, alors ils pourront dire aux autres « brulez vos billets et venez nous rejoindre, vous n’avez plus besoin de votre banquier »

Et en attendant on peut étudier les propositions des écosociétalistes, à mon avis leur truc c’est l’avenir : http://wiki.societal.org/tiki-index...

Cordialement,

Marco

(*) ça s’appelle ex-nihilo, ce qui veut dire à partir de rien : il faut pas croire que les banquiers se contente de prêter l’argent des gens qui ouvrent un compte chez eux, ils en prête de 7 à 10 fois plus !

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