La monnaie (article communiqué par notre ami Bernard CORMIER )

lundi 14 octobre 2002
par Collectif TRANSVERSEL
popularité : 1%

1-La monnaie, ce qu’elle devrait être

2-Monnaie et capitalisation

3-Interdits

4-Conclusion

1. La monnaie, ce qu’elle devrait être

Le rôle de la monnaie est logiquement d’être un moyen d’échange. Elle doit être mise à la disposition des entreprises gratuitement afin que celles-ci puissent échanger aux salariés leur travail contre leurs productions ou leurs services qui correspondent à la création de richesse.

Les salariés munis de monnaie acquièrent globalement avec celle-ci la production à laquelle ils ont contribué. La monnaie qui est un moyen d’échange permet aux salariés d’acquérir une partie des biens qu’ils ont produit et une partie de ceux qui ont été produits par les autres salariés. Mais de façon globale, quand les salariés ont dépensé leurs salaires, ils ont acquis tous les biens produits.

Quand l’échange global est terminé, les entreprises ont récupéré la totalité des salaires qu’elles avaient donnés aux salariés en échange de leur travail.

Si l’organisme chargé de gérer la monnaie débite l’entreprise à laquelle il remet la monnaie permettant de payer les salariés, cet organisme crédite l’entreprise quand celle-ci lui restitue la monnaie une fois l’échange « monnaie-production » réalisé. Le solde devant être limité à un plafond fixé préalablement.

1.1. Financement de l’organisme chargé de gérer la monnaie

Afin que la monnaie qui n’est rien d’autre qu’un moyen d’échange n’ait pas d’influence sur la gestion des entreprises autre que celle de faciliter les échanges, le coût de gestion ne peut être imputé directement aux entreprises qui de toutes façons les répercuteraient dans leurs coûts puis dans leurs prix.

La monnaie doit être considérée comme un service public et à ce titre les frais de gestion qu’elle génère doivent être financés directement par l’ensemble des salariés.

La justice voudrait que les frais soient répartis entre tous les salariés proportionnellement à la monnaie qu’ils reçoivent en salaires.

1.2. Incidence de la gratuité de la monnaie pour les entreprises

N’étant pas limitées par la monnaie nécessaire au règlement des salaires, les entreprises peuvent embaucher autant de travailleurs qu’il leur est nécessaire pour produire les richesses nécessaires à la satisfaction des besoins de la population.

1.2.1. Risques incidents Si les entreprises ne sont pas limitées par la monnaie pour régler les salaires des travailleurs, elles peuvent considérer qu’elles peuvent embaucher tous les travailleurs acceptant de travailler pour elles, sans craindre de ne pas pouvoir les payer.

1.2.2. Limites Bien que la monnaie soit accordée gratuitement aux entreprises, les limites à l’octroi de monnaie sont liées aux possibilités des entreprises d’écouler leurs productions.

1.2.3. Mécanismes régulateurs Dans le but de réduire les coûts, la régulation de l’octroi de monnaie doit être réalisée le plus automatiquement possible, par une gestion informatique dont les critères doivent être définis préalablement. La définition des critères peut être décidée par des administrateurs, de façon démocratique, au sein de relais locaux de l’organisme chargé de gérer la monnaie (selon les accords la gestion peut être régionale, nationale, multinationale ou mondiale). Selon les secteurs d’activité, l’octroi de monnaie peut être plus ou moins important. Pour des entreprises dont les ventes sont saisonnières, l’octroi de monnaie peut représenter plusieurs mois de salaires. L’entreprise récupérant les salaires au moment de la vente qui peut se faire dans une ou plusieurs courtes périodes dans l’année.

2. Monnaie et capitalisation

Tous les biens produits par les salariés ne sont pas acquis par eux. En effet, une partie des salariés produit des biens de production qui ne sont pas acquis par les salariés mais par les entreprises.

2.1. Épargne salariale et financement des entreprises Si les entreprises vendent aux salariés les biens qu’elles produisent au coût de production (prix = coût), les salariés conservent une partie de leurs rémunérations alors même qu’ils ont acquis tous les biens qu’ils pouvaient acquérir. Ce pouvoir d’achat conservé par les salariés est nécessaire aux entreprises pour acquérir les biens de production. Il est donc indispensable de mettre en place un mécanisme permettant aux entreprises de pouvoir disposer de l’épargne des salariés. Cette épargne peut être appelée épargne obligatoire. Puisque de façon macroéconomique l’on peut considérer que la partie des salaires correspondant aux biens de production ne peut être dépensée, il paraît logique que chaque salarié participe à cette épargne proportionnellement à sa rémunération.

2.1.1. Mécanisme d’épargne

Afin que chaque salarié participe proportionnellement à sa rémunération à l’épargne obligatoire, le principe d’un prélèvement sur les rémunérations peut être adopté. Ce prélèvement serait réalisé sur le même principe que celui permettant de financer les dépenses de sécurité sociale, mais l’intégralité des prélèvements serait déduit des rémunérations. Il n’y aurait pas de prise en charge par les entreprises qui de toutes façons répercuteraient ce coût dans le coût global et dans les prix.

2.1.2. Contrepartie à l’épargne

En échange de l’épargne prélevée, les salariés recevraient un droit d’investir égal au montant prélevé. Ces droits d’investir pourraient être mis à la disposition des entreprises selon la volonté des salariés, en fonction de leurs aspirations à voir se développer tel ou tel secteur de l’économie. Les droits d’investir non utilisés par les salariés ne désirant pas perdre leur temps à la participation à la gestion de l’économie, seraient réparties proportionnellement aux montants accordés aux entreprises par les salariés intéressés par la gestion économique.

2.2. Avantage des salariés à épargner

Le fait d’épargner permet aux entreprises d’acquérir des biens de production. Les biens de production créent de gains de productivité, donc un accroissement de pouvoir d’achat global des salariés. Le fait de créer une épargne obligatoire permet de n’avoir pas à rémunérer le capital. Les salariés seraient récompensés de leur épargne globalement grâce à la baisse des prix rendue possible par les gains de productivité.

2.3. Avantage des salariés à faire des efforts dans les entreprises qui les emploient Pour toutes les entreprises créant des richesses supplémentaires dont une partie serait liée aux investissements, mais dont une autre serait liée aux efforts des salariés pour réaliser ces suppléments de richesses, celles-ci pourraient distribuer au personnel une part des richesses dont il est à l’origine, le reste étant distribué à l’ensemble de tous les salariés par la baisse des coûts.

2.4. Rôle des entreprises

Avec cette autre façon d’utiliser la monnaie, le rôle des entreprises n’est plus de réaliser des profits, mais simplement de produire ce qui permet de satisfaire les besoins des individus.

2.4.1. Motivations des entrepreneurs.

Les entrepreneurs qui recevront les moyens nécessaires à développer leur entreprise des salariés, grâce aux droits d’investir, seront motivés par le fait de développer un projet personnel au lieu de travailler sur les projets d’autres individus. Le fait d’être entrepreneur permettra à ceux qui le deviennent de bénéficier de salaires plus élevés que ceux des salariés en fonction de la richesse réelle qu’ils créent grâce à l’idée qu’ils développent.

3. Interdits

En aucun cas l’organisme de gestion de la monnaie qui distribue de la monnaie en échange de création de richesse, ne peut accorder de la monnaie aux entreprises pour leur permettre d’acquérir des biens de production. L’investissement permettant aux entreprises d’acquérir des biens de production doit être dévolu aux salariés et uniquement à eux par le moyen des droits d’investir. La création de monnaie qui serait remise aux entreprises pour un autre usage que celui du règlement des salaires serait une dérive ouvrant sur un dérèglement général tel celui que nous connaissons actuellement dans la gestion financière de l’économie.

En aucun cas la monnaie ne peut être échangée contre d’autres monnaies. Les transactions réalisées en dehors des zones dans lesquelles elle est en usage doivent donner lieu à la création d’un compte débiteur ou créditeur qui ne peut être soldé que par un échange de biens.

Les comptes débiteurs en dehors de la zone d’usage de la monnaie ne pouvant exister qu’après des décisions prises pour favoriser la réduction des écarts de niveau de vie entre les différents pays.

4. Conclusion

Limité à quelques pages afin de ne pas perdre le lecteur, ce texte peut être développé avec toutes les personnes s’intéressant à ce sujet.

D’un nouvel usage de la monnaie peut découler une nouvelle organisation économique, plus conforme aux idées sans doute humanistes de ceux qui s’intéressent à des projets alternatifs au système actuel.

Privatiser la création de monnaie conduit obligatoirement à la financiarisation de l’économie et aux dérives nées de la volonté des créateurs de monnaie d’en accorder toujours davantage pour assurer ou accroître les revenus qu’ils en tirent.

La gestion de la monnaie de façon collective doit conduire à plus de rationalité en cherchant à réduire les coûts de gestion tout en permettant à tous ceux qui le peuvent de créer des richesses répondant aux besoins des consommateurs.


Utopie pour certains, alternative pour d’autres, ce texte n’aura de sens que pour ceux qui s’intéressent aux individus afin d’améliorer leurs conditions de vie. Vos réactions ...ci dessous...SVP.. merci d’avance.


Commentaires

vendredi 22 novembre 2002 à 15h53

Bonjour, savez - vous s’il existe des versions de vos textes en Italien ? merci, Didier.

Navigation

Articles de la rubrique

Brèves

11 juin 2012 - Un site dédié aux infos sur les monnaies complémentaires

http://www.scoop.it/t/social-currencies Une vrai porte ouverte à toute l’info générée par les (...)

18 septembre 2009 - LE SEL du CANTAL : "FOUCHTRA"

Un des SEL du Cantal s’appelle bien "Fouchtra !", tel 04 71 48 62 93(+ Route des Sels) Pour (...)

29 août 2009 - Les selistes et les partenaires du JEU, invités à se mobiliser en cas de pandémie de grippe A

Comment faire ses courses en cas de grippe A(H1N1) ? Où stocker ses provisions ? Qui appeler à (...)

3 avril 2009 - "Voisins solidaires", les uns des autres

Le 25 mars, la ministre du Logement, Christine Boutin, a lancé officiellement l’opération Voisins (...)

17 février 2009 - C’est le moment ou jamais... ! Les S.E.L.

Un livre écrit le siècle dernier , mais plus d’actualités que jamais...La crise... ! Moi pas (...)