Explosif... ! La fraude est-elle possible avec le carnet du J.E.U. ?

mardi 24 juillet 2007
par Daniel D.
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La fraude consiste à s’attribuer un bénéfice sans rien offrir en échange.

La communauté s’appauvrit d’une consommation et ne s’enrichit pas d’une nouvelle production. Ceux qui s’attribuent des unités dans ces conditions se font donc entretenir par la communauté, comme des enfants mal éduqués ou des parasites. La fraude ne lèse pas un individu en particulier mais seulement la communauté dans son ensemble. Pour être sensible il faudrait que le phénomène se déploie massivement et sur un temps assez long et trompe la vigilance de la plupart des partenaires honnètes. Il est assez peu probable que ces conditions soit réunies. Nous pouvons donc nous poser la question : les avantages d’une comptabilité décentralisée sont-ils supérieurs aux inconvénients ? Pour répondre à cette question, le mieux est peut-être d’en faire l’essai et voir si le système est viable.

Voici quelques autres réflexions sur la fraude :

- Il y a pas de sécurité absolue dans une comptabilité, que le contrôle soit exercé au sein d’une comptabilité centrale classique avec registree et lignes de compte. Les “erreurs” sont toujours possibles. Surtout dans les associations naissantes où l’on est bien content d’accueillir le premier venu qui se propose pour le poste. Dans l’histoire des réseaux SEL et LETS, j’ai même rencontré deux cas ou le comptable était devenu fou*. Avec le JEU, je propose que le contrôle soit exercé par des sondages ponctuels au niveau local par des vérificateurs de carnet qui invitent gentiement les délitantes à remplir les carnet avec un peu moins de désinvolture.Les partenaires au moment de l’inscription qui conclu l’échange peuvent aussi s’inviter à plus de rigueur dans la tenue de leur comptes

C’est surtout la peur, l’image du fraudeur que nous avons dans la tête qui nous fait du mal individuellement et collectivement. Cette peur nous fait plus de mal que les fraudeurs eux-même. Cette peur frène notre élan et pénalise la communauté toute entière par des mesures de contrôle et de sécurité plus couteuses que la fraude elle-même.

“La fraude”. C’est même le premier argument que l’on présente à propos du carnet du JEU.

Mon premier objecteur me dit “Que feras-tu des faux carnets ?” Je suis allé recement chez lui. A l’entrée de sa propriété il y a un panneau avec l’inscription : “Attention, pièges”.

La fraude délibérée devrait être très rare avec le JEU qui organise l’abondance, contrairement au système monétaire national et international qui organise la pénurie avec des monnaies prêtées à intèrêt et au compte goutte. Un système qui est déja en soi un mode de parasitage de la production de toute la planète, une fraude si bien organisée et gérée qu’elle passse inapercue et qui assure si bien notre protection contre les fraudeurs....

- Il n’est pas simple de frauder avec de fausses éritures sur un faux carnet.

Le fraudeur devra-til inscrire fréquement de fausses petites écritures ou devra-t-il inscrir une grosse somme au risque d’attirer le ragard ? Surtout s’il sait que le carnet est un document public que chacun peut consulter ou même photocopier.

Si une anomalie est détectée par un partenaire, celui-ci peut choisir d’éclaircir immédiatement la situation et poser des questions à la personne concernée. Si le doute subsiste ce partenaire est sans doute tenté d’éclaircir la question avec un tiers. Ainsi un groupe de personnes concernées par la bonne marche du système nait spontanément. Un groupe informel va vivre dans la concertation. Ce sera peut-être l’occasion de faire un bon repas ou de rencontrer de nouveaux amis.

- S’il y a véritablement fraude, je pense qu’ il suffit que la lumière soit portée sur les faits pour que les auteurs se retirent de la scène sur la pointe des pieds.

Un mode de contrôle ponctuel et à plusieurs niveaux me semble possible.

- 1) Les échanges intéressants, pittoresques ou pouvant figurer dans le “livre des records”, seraient portés sous les projecteurs sur un mode festiff à l’occasion de marchés, bourses ou chantiers). Les partenaires pourraient être invités à monter sur l’estrade et développer devant tous les participants les péripéties, les difficultés et les joies de leur aventure...

- 2) Les occasions de fraude ou d’erreur pourraient être listées en annexe du livret afin que chacun soit outillé pour les détecter : - erreur d’écriture au moment du transfert de solde d’un livret sur un autre. C’est pourquoi deux “sages”, “parrains” ou “témoins” pourraient authentifier le crédit d’entrée sur un nouveau livret.

- utilisation de plusieurs livrets. Parade : engagement signé de n’utiliser simultanément qu’un seul livret et faire authentifier les livrets par un même “parrain”. Celui-ci pourrait conseiller, stimuler les nouveaux venus, les aider à rédiger ses offres, demandes, projets , rêves... Rappelons que l’’inscription du solde après transaction sur le livret du partenaire peut permettre de faire des comparaisons.

- substitution d’une page portant un débit important par une page vierge. parade : Les pages sont numérotées et cousues comme pour les livrets d’épargne postaux. La couture peut se faire à la machine comme à la main (demander à un relieur de vous montrer).

Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? La chandelle étant l’auto-exclusion du fait de se sentir honteux d’ètre surpris en train de parasiter un groupe alors que ce groupe est tout disposé à faire un effort de solidarité pour tous ceux qui sont en difficulté. Il est plus simple pour lui de me voler quand j’ai le dos tourné.

Le “Carnet du JEU” est un outil de liberté à plusieurs niveaux.

Si la peur de l’autre est nécessaire à notre équilibre ou à notre identité, conservons cette peur, participons à un SEL bien carré oû toutes les lignes de compte sont parfaitement tracables. Si nous avons envie d’explorer d’autres voies et de nous offrir des vacances, offrons nous un carnet et même voyageons avec (la liste des partenaires du JEU que j’édite comporte 2000 annonces pour la France, en 2007). Je suis persuadé que ce carnet du JEU va dans le sens de l’évolution Ce sont les individus qui créent largent. En effet,

L’échange est fondé sur un accord. A chaque accord, les partenaires sont co-créateurs des richesses échangées. La prise de conscience du caractère créateur de nos accords nous donne l’énergie d’affirmer notre souveraineté sur la création des unités de valeur qui correspondent à ces richesses. Nous revendiquons donc le droit d’échanger librement et inconditionnellement, comme un droit de l’homme, un droit de naissance. Il n’est pas nécessaire d’acheter un droit que nous possédons déjà par une adhésion ou toutes autres conditions. Une instance comptable extérieure n’est plus nécessaire.

*Comptable fou Il était une fois un comptable (le premier du SEL 66). Il recevait les feuilles de compte à l’adresse de sa boite postale personnelle et avait beaucoup de peine à mettre de l’ordre dans ses papiers. Il n’arrivait pas à nous donner les comptes, les feuilles traînaient éparses surla plage arrière et les sièges de sa voiture... Les membres du C.A. consternés se sont concertés. Il ont demandé au comptable de rendre ses feuilles. Brimé dans ses ambitions de créateur de SEL, notre héros a refusé pendant des mois de transmettre les documents. Cet homme, furieux, a déclaré, devant la préfecture, avec sa femme, une association (portant le même nom que la nôtre, SEL 66. (la nôtre était “de fait”). Puis il a essayé de recruter des adhérents en passant une annonce dans un journal local (El Punt, si je me souviens bien). Un jour j’ai reçu d’un correspondant anonyme une enveloppe pleine d’une dizaine de réponses à cette annonce. J’ai rappelé ces dix personnes par téléphone. Il est apparu qu’elles avaient assimilé le système à un troc direct et aucune n’a été assez motivée pour payer les 20 F demandés alors pour inscrire son annonce dans le bulletin du réseau. Les feuilles de compte ont enfin a peu près toutes été récupérées grâce à Dan un pilier du SEL qui s’était improvisé médiateur du SEL 66. Ca nous a bien occupé en C.A. pendant des mois et détourné des vraies questions. Au même moment nous avons reçu la visite de deux membres du LETS de Brighton. Ils ont éclaté de rire en entendant notre histoire : leur comptable exigeait pour rendre les comptes que tout son travail lui soit payé en livres Sterling... Tous les pacifistes et non violents de Brighton se sont mobilisés pour faire entendre raison à cet homme, sans beaucoup de succès à l’époque où nous en parlions. C’est peut-être depuis ce jour là que je me méfie des comptabilités centrales.

Texte de l’atelier systémique


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