Réflexion à chaud suite au forum économie solidaire Diagora Labege,

par notre envoyé spécial...F. Plassard
mercredi 27 novembre 2002
par Collectif TRANSVERSEL
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En écoutant les différentes sensibilités humanistes, interculturelles, écologiques, citoyennes, alternatives, developpement local, associationnistes, tiers mondistes, éducation populaire, entrepreneuriales, ruralistes, hedonistes, feministes…qui sont venu se rencontrer attirées par notre forum économie solidaire…

En écoutant les individus séparément et les débats dans les ateliers, il me semble qu’il y a une préoccupation redondante et transversale à toute la diversité des champs sectoriels traversés par l’économie solidaire. Je la formulerai maladroitement ainsi : "Comment mobiliser et co-construire de manière ascendante de l’organisation, de l’agir ensemble, avec la prise de conscience des nouvelles contraintes (écologiques, sociales, économiques) que le global exerce sur le local".

La troisième exigence de la pensée complexe (formulée par Edgard Morin) : le global s’inscrit dans le local (vision holistique ou hologramique) semble, à l’écoute des acteurs, être une prise de conscience qui a fait en quelques années du chemin avec la montée des périls ! Si notre point de départ l’an dernier voulait "donner à voir" l’alliance possible entre l’économie sociale et l’économie solidaire, en espérant que la première aiderait la deuxième financièrement à naître, après ce bout de chemin je verrai bien à donner à débattre une autre alliance : celle de la démocratie participative avec l’économie solidaire.

A chaud cela pourrait être du genre : "Penser et agir autrement le local, pour re questionner le global qui produit la pauvreté" ( et la misère mentale) Le slogan du développement local, contestataire dans les années 1970 avant d’être perverti et instrumentalisé, était : "Penser globalement pour agir localement". On avait oublié qu’il pouvait être aussi "penser localement pour agir globalement" ;

I - L’alliance "démocratie participative et économie solidaire" nous met dans le courant de visibilité des FSE issus de Porto Allegre, d’une mondialisation autrement (Alter mondialisation ?), d’une Europe libérale autrement. Le thême de la démocratie participative est complexe mais proche de celui de l’économie solidaire car il aborde la question du pouvoir/à l’autorité, de la formation/ à l’initiation. Les premiers exemples de démocratie participative non tronqués malheureusement ne viennent pas du Sud Ouest qui revendique l’héritage d’une culture socialiste et occitane sensible à la question du pouvoir ! A Lyon Millenium 2000 cela a été Raymond Barre ! à Saint Denis trois verts et des sans partis, dans le Nord Pas de Calais des verts et des sans partis, à Nantes…, à Tregor Goelo en Bretagne (69 communes-112000 hbts)

En échange, avancer l’idée que l’économie ne peut être solidaire que si elle est plurielle (Marché, Etat, réciprocité), est un message qui ne me paraît pas aller de soi pour tous les participants. Peut on croire à une croissance de l’économie solidaire uniquement en prenant des parts de marché aux entreprises classiques parce que nos labels éthiques, solidaires, equitables, soustenables vont à eux seuls convaincre un consommateur solvable ? Dans une guerre d’image, tant les preuves à fournir de cahier des charges sont difficiles à fournir et les couts de communication élevés, nous ne sommes jamais sur d’avoir le dernier mot ! La formulation : « Passer d’une société de marché à une société « avec » marché » souvent évoquée l’an dernier, aurait-elle du mal a être appropriée ? (je ne parle pas de l’expression plus ambitieuse encore de « ré-enchasser l’économique dans le social » utilisée par Genevieve Azam)

En rattachant l’économie solidaire au thème de la démocratie participative, on aborde le thème d’une économie de voisinage et de proximité où l’intérêt d’une économie plurielle s’affirme davantage et est directement perceptible. Pour ne pas être contaminé par les seules valeurs et comportements consuméristes du marché et parce que le marché à lui tout seul ne crée pas une solvabilité suffisante, la complémentarité (synergie ?) Etat-Marché apparaît dans une économie de voisinage et de service plus évidente. Qu’il s’agisse de santé, d’éducation, de culture, d’environnement, de transport, de logement etc. un retrait des services publics de l’Etat se traduit par un retrait de la notion d’égalité et d’équité dans l’accès aux services pour tous au sein d’une économie de voisinage et de proximité. La sélection par l’argent au profit de ceux qui peuvent payer la privatisation de ces services est immédiatement perceptible. Or nous voyons que les grands groupes ou multinationales (qui savent eux aussi à d’autres niveaux récupérer de l’argent de l’Etat bien plus que nous, complicité de corporation oblige) convoitent eux aussi ces services de proximité qui participent à notre qualité de vie au quotidien. (Vivendi en est un exemple) Les entreprises et associations de l’économie solidaire peuvent être(et le sont déjà) mis en concurrence par l’Etat avec ces opérateurs privés (on l’a vu dans l’atelier sur la santé par exemple où le réseau des Hopitaux de Toulouse a ouvert ses portes à Mac Donald, où les repas à domicile des personnes âgées sont servis par des filiales de grands groupes, alors que d’autres maires savent ouvrir leurs cantines scolaires à l’alimentation bio et de proximité)

Même là où il n’y a pas d’opérateurs privés par manque de rentabilité, la tentation est forte pour l’Etat de faire des économies en mettant les associations d’économie solidaire dans une situation de sous-traitance (de concurrence entre elles) et de précarité sur la gestion des urgences. N’y est –on pas en partie déjà ? Quand il ne s’agit pas tout simplement, en égrainant des subventions, d’une simple gestion électoraliste ! Sans débat de démocratie participative, les organisations d’économies solidaires auront du mal a tenir leur position dans cette économie de proximité où elles apportent des plus values indirectes relationnelles, culturelles au regard de la rationalité stricte de l’échange de marché.

-  En combinant au marché et aux subventions de l’Etat des échanges non monétaires fondés sur le don et la réciprocité, qui n’ont rien à voir avec la charité, mais qui sont plus riches de lien et de sens que la relation fournisseur-client et prestataire-usager du marché et de l’Etat, les organisations de l’économie solidaire participent aussi de la production de liens sociaux. Ces liens qui maillent ensemble des réalités économiques, sociales, culturelles productrices d’individu, de sentiment d’appartenance à un territoire, autant que de services. Quand j’étais en 1980 un membre actif d’un jardin de Cocagne dans la banlieue lyonnaise comprenant 87 adhérents, un salarié à plein temps, j’avais déjà l’habitude de dire que nous produisions une tonne de légumes, deux tonnes de liens inter générationnels et de pédagogie pour enfant, et plus de parole sur le quartier que tout le conseil municipal réuni. Des remarques analogues pourraient être faites à propos du Sel Cocagne à Toulouse à la différence que ne vendant rien à l’extérieur et n’ayant jamais demandé ni reçu un centime de subvention, nous nous situons exclusivement dans la troisième sphère du don et de la réciprocité.

- C’est le sens de l’économie plurielle menacé par le retrait de l’Etat et la baisse de la solvabilité (en 20 ans les revenus du travail ont baissé de 17% et les revenus du Capital ont augmenté de 22% ! R.Passet le Monde) que de combiner dans la particularité et la singularité de chaque lieu un savant dosage de ces trois types d’échange. Ce n’est pas une nouvelle idéologie, ce n’est rien d’autre que la mise en application des trois valeurs combinées : liberté, équité, fraternité dont se réclame parait-il la République. Chacune de ces trois valeurs prise séparément peut être une idéologie ( l’Histoire en fournit des exemples), mais l’impossibilité de chacune de ces valeurs de l’emporter sur les deux autres en serait –elle une ?

Mais qui a le courage de dire que le passage d’une société de plein emploi (qui y croit encore avec 7 millions d’exclus ?) à une société de pleine activité désirée, suppose alors un découplage (conscient et non discret) entre revenu et travail hétéronome au sein d’une entreprise, fût t-elle coopérative, alternative, à la recherche de parts de marchés solvables comme les autres ! Nous sommes très timides sur ce sujet tabou du transfert de la reconnaissance sur autre chose que de l’emploi classique . Qui a peur de quoi ?. Pourtant la casse humaine et les dégats liés à un manque de reconnaissance par manque d’emploi sont considérable ! La reconnaissance liée à un emploi classique étant malheureusement toujours aussi forte ! Est il encore sain que le revenu de chacun ne dépende que de celui de son travail quand celui çi, ne correspond plus en moyenne qu’à 15% de son temps de vie éveillé, et que le nombre total d’heures travaillées en raison de la productivité du travail ne cesse de diminuer, nous a dit Patrick Viveret l’an dernier ? Le passage du travail à l’oeuvre est le thème du temps choisi , il pourrait être aussi celui de l’économie solidaire.

Le temps au centre des enjeux d’une société à dominante d’information et de services Dans une économie de voisinage et de proximité, si le marché (et sa publicité) à lui tout seul ne décide plus ce qui est utile et inutile, alors devient plus pressant le besoin de démocratie participative pour en débattre ! Viendra vite alors poindre le débat sur les usages monétaires et non monétaires du temps, notre vraie richesse puisqu’il nous est compté ; Les multinationales sont aussi nos concurrentes sur ce marché, elles qui calculent le « Life Time Money » : la valeur monétaire du temps qu’il vous reste à vivre associé à votre revenu. L’objet ne devient plus que la manière de vous fidéliser à l’usage monétaire que vous ferez de votre temps ! Le télephone portable à un euro, le voyage organisé, le club affilié à la marque…en sont autant d’exemples. Les mots « durable » , « equitable », « solidaire » , comme déjà la Bio, risquent d’être récupérés par le marqueting des grands groupes pour nous attirer dans leur filet de la marchandisation du temps au profit de leurs actionnaires anonymes. Soyons vigilent !

Nous aurons alors à débattre sur l’équilibre à trouver entre les usages monétaires et les usages non monétaires de notre temps au sein de nos débats d’économie solidaire. Le temps parcellisé, segmenté, précarisé, non contractualisé sur la durée des uns au service de la qualité du temps des autres, guerriers de la compétition mondialisée ?Temps libéré par les machines : temps choisi et temps subi ? Les usages de nos temps sont au cœur des réflexions sur les usages ( écologiques) de notre espace, sur les relations inter générationnelles, sur les rapports homme femme, adultes enfants personnes âgées, sur la vie citoyenne hors du métro, boulot, Internet, dodo. L’économie solidaire n’échappera pas à la reflexion sur le temps et ses usages. (Voir le rapport Hervé sur les temps sociaux du maire de Renne, les agences du temps à Belfort…)

Voilà parmi d’autres les terrains, champs en friche, champs déjà labourés par d’autres sur lesquels le thème riche de l’alliance "économie solidaire et démocratie participative" peut nous amener, pour concevoir une économie de voisinage et de proximité qui permettent à tous d’être acteurs.

II - Du local au global Mais ce thème économie solidaire et démocratie participative (dont les méthodes plus que les recettes restent à inventer) serait un piège si nous nous en servions pas aussi comme tremplin pour requestionner des évidences, poser des bonnes questions à différents niveaux d’organisation de la société jusqu’au plus global. Par exemple : Qui doit produire la monnaie ? Doit on laisser aux seules banques qui créent la monnaie de crédit (soit 85% de la monnaie) le soin d’orienter toutes les activités humaines dans le fleuve de l’accroissement des signes virtuels monétaires qui concentrent les pouvoirs et affaiblit les peuples ? Peut on concevoir des monnaies de redistribution affectées personnalisées non cessibles à un tiers, non cumulable d’années en année, créant de la solvabilité pour les activités de l’économie solidaire respectueuses de l’environnement, décidées démocratiquement ? Quel rôle pour des monnaies de convivialité et de proximité ? Sur ce terrain aussi le grand capital non soumis à la réflexion et au débat démocratique sur le sens ( avec qui ? Pourquoi ? Pour ..quoi ? Pour …qui ? Comment ? où ? et quand ? ), peut nous surprendre.

Autant de questions pertinentes pour éviter que la "République des proximités" (slogan de JF.Raffarin) se transforme en autogestion des pauvres par les pauvres ( gestion de la violence) sous label d’économie solidaire, et serve de prétexte à la diminution des services publics envisagés (moins 5% d’impôts promis et la priorité donnée à la police, l’armée et aux nouvelles prisons), sans remettre en cause les processus globaux qui "produisent" cette pauvreté matérielle et mentale. Construire des "désaccords positifs" pour les dépasser, c’est bien pour cette alliance économie solidaire et démocratie participative, de démontrer aussi que "ce qui produit de la richesse (comptée monétairement) produit aussi la pauvreté" et l’insolvabilité. Sept millions de pauvres qui ne consomment pas (32 millions en Europe) quel manque à gagner pour notre économie de proximité !

Le rapport à soi, le rapport à l’autre, le rapport au collectif qui caractérise toute société Pour faire rapide, je dirai que l’économie de voisinage et de proximité ( où sont l’essentiels des futurs emplois, la production d’objets de masse étant destructrice d’emplois avec les nouvelles technologies) suppose pour se reconstruire autrement une forte interrogation sur le rapport à l’autre (altérité) et le rapport à soi même. Parce que la relation, le savoir être, y est aussi important que le savoir-faire. Dans les Sels on en sait quelque chose ! Or la force et le succès de l’échange de marché inventé par les hommes sont justement de pouvoir échanger dans l’anonymat en se passant le plus possible de tout lien social et affectif ! D’où la béance de solitude et de repli sur soi qu’il a su engendrer, créant ainsi de nouvelles opportunités de marché ! (les médicaments, les avocats…) Le marché a lui tout seul me paraît donc une réponse « pauvre » à l’exigence d’une économie de proximité riche de lien qu’il serait plus juste d’appeler une "économie de la reconnaissance". Si l’essentiel de nos emplois de demain seront, nous l’avons dit, dans une économie de voisinage et de proximité (par exemple, il ne faut que 4 heures de travail pour fabriquer une voiture alors qu’il en fallait 400 du temps de nos parents), nous voilà nous éloigner de l’économie libérale et des valeurs qu‘elles véhiculent, enseignées dans nos écoles et universités. Mais à condition de le vouloir ! Dans le re questionnement des certitudes, nos débats d’économie solidaire pourraient participer à re questionner l’idée récente du développement économique ( inventé au sortir de la guerre 1947, pour coloniser autrement le monde) et confondu à une croissance linéaire et cumulative par ses garants que sont l’OMC, le FMI, et la Banque mondiale. Ce mot développement qualifié récemment de socio anthropomorphisme occidental par Edgard Morin à la rencontre de Johannesburg, à cette même réunion où notre président de la République a affirmé que si chaque habitant de la Planète avait le même niveau de vie que la moyenne des français, il faudrait « deux planètes » , le mot développement , re questionné dans son contenu, risque de devenir rapidement d’une grande actualité dans le débat international. Notre interrogation au sein de l’économie solidaire sur le rapport à soi et le rapport à l’autre, propre à une économie de la reconnaissance, arrivera fort à propos., Elle servira de bon support à la réflexion sur le rapport au collectif sur lequel le mouvement citoyen ATTAC fait un gros travail (OMC, FMI,...)

III - Pas de recomposition sociétale sans convergence avec des forces qui sont animés de priorités et d’intérêts différents Cela c’est l’histoire qui nous l’enseigne, et la mouvance de l’économie solidaire, carrefour de sensibilités différentes n’y échappe pas ;

Qui peut être ouvert à nos forums de rencontre pour chercher un dépassement a ses problèmes ?

- les élus et leurs parties politiques qui ont perdu leur légitimité à la base par non-renouvellement de leur mode de fonctionnement et qui ont perdu leur pouvoir de dire le bien commun soumis aux nouveaux maîtres du Monde qui font les règles de l’OMC, du FMI, de la Banque mondiale qui n’ont rien de démocratique.. Faisons le pari que voyant leur marge de manœuvre considérablement réduite pour échapper au tout monétaire ils se rapprocheront de l’économie solidaire. Leurs promesses électorales sont toujours « sous réserve de compatibilité avec l’accord général sur le commerce et les services pour l’éducation, la santé, l’environnement…, avec l’accord agricole de l’Uruguay Round pour l’agriculture , avec l’accord de la Commission européenne…pour milles autres choses de la vie quotidienne. . Faire de la politique autrement les rapprochera t-il de nous ? La professionnalisation croissante du métier de politique, le non-renouvellement dans le temps des mandats, son accaparement par des courants de même culture ou corporation ( l’énarchie et ses modes de pensée, le oui qui dit non), l’éloignement des lieux de décision des citoyens par l’intercommunalité pourtant nécessaire, la démocratie participative piégée par la consultation tronquée d’avance, l’électoralisme et le populisme, la communication professionnalisée réduite au marketing électoral et aux plaquettes glacées dans les boites aux lettres, trompent de moins en moins les citoyens actifs et informés, pour qui la citoyenneté ne se résume pas à un bulletin de vote et qui confondent de moins en moins "mécanismes de pouvoir et autorité" Peu d’élus dans notre forum, surprise de la venue insolite de Malvy, Cohen au dernier moment.. !.Ils pourraient à l’avenir être plus nombreux sur l’affichage "démocratie participative ». Pour beaucoup l’économie solidaire, ils n’en ont jamais entendu parlé ! A nous d’être ouvert à des sensibilités politiques différentes. Le chantier de la démocratie participative articulée à la démocratie représentative qui a seule légitimité dans la culture de notre pays, par faute autant des élus que des citoyens passifs, ne fait que commencer. Il est lourd d’un chantier où les processus de dialogue servent autant à la formation des élus que des citoyens, de méthode plus que de recettes (voir site www.sapie.org/atp). Il est pour nous à Toulouse l’occasion de rencontres avec nos voisins espagnols et italiens plus avancés que nous sur ce thême qui allie pratique et reflexion théorique.

- les fonctionnaires en mal être (j’en ai rencontré plusieurs hier !) qui vivent de plus en plus mal la gestion de la rareté des dépenses publiques inversement proportionnelle à une montée des besoins mal formulés ; Soumis à la culture de la rentabilité qui leur vient de l’entreprise, mais peu transposable en l’état à la nature de leur fonction de redistribution transparente et équitable... ils peuvent venir plus nombreux encore à nos rencontres pour dépasser leur mal être et sortir de leur métier de "techniciens de la procédure" comme le deviennent aussi ceux qu’on appelait autrefois des agents de développement ; Le paradoxe " j’ai de l’argent mais pas de porteurs de projets" côtoyant "j’ai un projet mais je n’ai pas d’argent", que je rencontre sur tous les territoires, comme dans nos forums, ne contribuent pas au dialogue et à la paix sociale ! Si l’Etat a aidé le dépassement de la société agraire en société industrielle, si l’Etat a aidé l’émergence des services à partir de la société industrielle (70% des emplois), ne serait ce pas à l’Etat à aider le dépassement de la société de service en autre chose (que l’exclusion massive et l’insolvabilité) que nous ne savons pas encore nommer, mais que le concept, pas encore trop galvaudé d’économie (plurielle) solidaire, pourrait (provisoirement ?) aider à naître ?

- les chefs et salariés d’entreprises dont certains se rendent compte comme le CJD ( livre "l’entreprise du 21 eme siècle" du centre des jeunes dirigeants amené à notre forum) qu’en "produisant de la marchandise, l’entreprise détruit souvent de la société". En s’interrogeant sur le "quoi produire ? pour ..quoi ? comment ? avec qui ? pourquoi ? et non pour le seul profit des actionnaires, ils peuvent être encore plus nombreux à venir à nos rencontres et nous amener leur réflexion. Donner son âme à l’entreprise passe mieux si l’entreprise participe de l’économie solidaire et durable !

- les jeunes déjà nombreux à notre dernier forum, qui prennent conscience que ce qui a fait les trois piliers de la Révolution des Lumières ( a forgé l’imaginaire de notre société industrielle occidentale) est en train de vaciller avec le capitalisme :
- Le Progrès . Ils doutent fortement de l’affirmation que "demain sera meilleur qu’hier" qui validait le discours « au nom du Progrès » des partis politiques.
- La Science. Transformée en Techno science sans conscience et sans réflexion sur elle-même, elle menace la vie. (brevets sur la vie, OGM, etc.) Les jeunes désertent les sciences dures pour aller vers les sciences humaines ;
- L’individu séparé conçu par l’économie libérale comme devant calculer et optimiser son profit individuel, pour que le miracle de la main invisible du marché (Dieu ?), dans un monde d’information transparente !!!, transforme la somme des intérêts individuels en bonheur collectif ! Naïfs les théoriciens libéraux du marché ? Nos jeunes ne sont pas tous dupes et même s’ils sont attirés par les objets, ils savent aussi que le bonheur des autres peut aussi produire leur propre bonheur, même si l’éducation populaire n’est plus la pour leur faire comprendre, remplacé par la télévision ou les stades de compétition de la société spectacle.. Le thème de l’économie plurielle solidaire devrait les intéresser encore davantage ;

- les exclus du monopoly du marché qui galérent à la limite de la survie et qui croient de moins en moins aux "parcours d’insertion" qu’on leur fait miroiter pour des résultats incertains...ou mirages sans horizons, dans un monde de gâchis humain et financier où l’argent attire l’argent comme « il pleut toujours là où c’est mouillé » dit le dicton !

- les alcooliques du boulot ( ou guerriers puritains de la guerre économique dirait Patrick) qui grâce à des ruptures de santé ou familiales, sont ouverts à nos rencontres pour y réinvestir autrement leurs compétences et inventer la vie autrement.

- les retraités qui sont la seule catégorie de la population à pouvoir bénéficier (par leur retraite) d’un "crédit temps choisi" découplé du travail (pionniers sans le savoir du « crédit temps choisi » retiré du précédent projet de loi avorté de l’économie solidaire pour découpler de manière plus transparente et juste le revenu du travail). Les retraités auraient-ils inventé le revenu de citoyenneté dont on parle depuis 20 ans ?. Enfin ils peuvent se produire eux même en aidant gratuitement d’autres plus jeunes à se produire ! Ils étaient déjà bien présents au forum et beaucoup s’interessent à nos campagnes dépeuplées tant qu’ils ont la forme !

Voila pour nos publics cibles à nos lieux de parole pour "construire des désaccords constructifs" et formuler des dépassements pour des co-inventions et des co-décisions qui recomposent de la société prioritairement par le bas en requestionant nos certitudes. Dans une société bloquée en voie d’implosion, de repli, et de paupérisation massive, sujette à des ruptures écologiques et sociales que nul ne peut prévoir, la recomposition par le bas re questionnant le global, est le meilleur antidote à toutes les propagations de germes à visée totalisante et totalitaire dont notre courte histoire humaine a déjà dans la douleur subie plusieurs fois les conséquences désastreuses. A chacun sa motivation !

Bien amicalement, voila quelques lignes à chaud pour un débat pour en susciter de nombreuses autres. François Plassard


Bravo à tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce forum François Plassard Mis en ligne ce soir 27 novembre 2002 par Daniel Delarasse (spipeur de service...)15 minutes pas plus...


Commentaires

Logo de Collectif TRANSVERSEL
lundi 20 juin 2016 à 10h35, par  Collectif TRANSVERSEL

14 années plus tard , Francois Plassard est toujours présent et nous montre dans un film qui vient de sortir sur le revenu de base toutes les pssibilités qui s’offrent à NOUS...

Merci Jean-Paul Dumas et François Plassard et bien sûr tous les autres ...Merci à l’association Transversel de nous mettre tous ces textes à notre disposition...

Un des rédacteurs (en chef).

Juin 2016

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dimanche 13 avril 2014 à 17h47, par  Cecylp

Dès que mon oeil s’est posé sur votre page web, j’ai immédiatement compris l’intérêt qu’elle présente.

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vendredi 6 décembre 2002 à 03h51, par  Jean-Paul Dumas

Un grand MERCI à François pour cet article.

Je retrouve dans ce texte de nombreuses réflexion qui me sont venues à l’esprit à la suite de ma participation au FSE (Forum Social Européen de Florence).

Dans la société que nous ont léguée nos parents et que nous avions joyeusement contestée en ce joli mois de mai 68, puis dans laquelle nombre d’entre nous ont fait leur niche, les nombreuses addictions dont nous victimes parfois consententes nous ont fait trahir les valeurs républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité et bafouer collectivement les droits de l’homme.

Je me réjouis que se lève une contestation qui puisse réunir dans un projet et une action concertés une foule de personnes et d’associations que la marchandisation du monde et le risque de guerre ont le mérite de faire sortir, comme moi, de leur réserve.

Sur le plan humain comme sur le plan technologique nous tissons ensemble un réseau des réseaux, refusant les anciennes structures pyramidales qui portaient en elles leurs conséquences funestes comme la graine de tout arbre porte en germe celui-ci.

Du local au global et du global au local nous transcrivons en action une riche pensée dialectique.

Humanistes ou/et croyants, réalistes ou/et utopistes, alliés pour construire un monde qui soit "pluriel, responsable et solidaire" et une paix qui ne soit pas l’absence de conflits mais la résolution de ceux-ci par le dialogue, la négociation et l’action directe non-violente pouvant aller jusqu’à la désobéissance civique.

Dans sa liste des personnes potentiellement concernées par cette recomposition de la société, François -promoteur du "temps choisi"- n’oublie pas les fonctionnaires et les retraités ; je suis fonctionnaire et l’an prochain je serai à mi-temps : cessation progressive d’activité pour raison de "temps choisi" ; j’aspire à cultiver mon jardin mais aussi à rejoindre sur les chemins escarpés ceux qui luttent localement et globalement pour recomposer notre société.

Cheminons ensemble, nous ferons quelques pas de plus vers l’unité et la diversité !

Jean-Paul Dumas, Gap.

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